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  • Château de Blois

    Château de Blois


    {{{légende}}}
    Vue générale de l'édifice

    Présentation
    Période ou style Gothique
    Gothique flamboyant
    Renaissance
    Classique
    Type Château
    Architecte Colin BiartJacques SourdeauJules de La MorandièreDominique de Cortone,François Mansart
    Date de construction du xiiie siècle au xviie siècle
    Classement Monument Historique
    Géographie
    Latitude
    Longitude
    Non renseigné
    (Chercher ce lieu)
    Pays France
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    MonumentMonuments par pays

    Le château royal de Blois, situé dans le département de Loir-et-Cher, fait partie des châteaux de la Loire. Il fut la résidence favorite des rois de France à la Renaissance.

    Situé au cœur de la ville de Blois, sur la rive droite de la Loire, le château royal de Blois réunit autour d’une même cour un panorama de l’architecture française du Moyen Âge à l’époque classique qui en fait un édifice clef pour la compréhension de l'évolution de l'architecture au fil des siècles. Les appartements royaux restaurés sont meublés et ornés de décors polychromes du xixe siècle, créés par Félix Duban dans la lignée des restaurateurs contemporains de Viollet-le-Duc.

    Sommaire

    []

    Histoire [modifier]

    Moyen Âge [modifier]

    Plan du château de Blois au Moyen Âge.

    Durant le règne de Charles le Chauve, en 854, « Blisum castrum » (« le château de Blois »), édifié sur les bords de la Loire, est attaqué par les Vikings. La forteresse reconstruite est au cœur de la région dont sont maîtres les comtes de Blois, puissants seigneurs féodaux aux xeet xie siècles, dont les possessions s'étendent à la région de Blois et de Chartres, et à la Champagne. La première forteresse, la « grosse tour », fut élevée par Thibaud le Tricheur au xe siècle. Vers 1080, une charte montre Thibaud III rendant la justice « dans la forteresse de Blois, dans la cour, derrière le palais, près de la tour, au parterre situé entre les chambres à feu du palais »1.

    Au xiiie siècle, le château est reconstruit par la famille bourguignonne de Châtillon. Le chroniqueur Jean Froissard le décrira comme « beau et grand, fort et plantureux, un des [plus] beaux du royaume de France ». Le dernier descendant de la famille de Châtillon, Guy II de Blois-Châtillon, vend en 1392 Blois à Louis d'Orléans, frère de Charles VI, qui en prend possession en 1397, à la mort de Guy II. Lorsque Louis d'Orléans est assassiné à Paris en 1407 sur ordre de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, sa veuve, Valentine Visconti, part vivre à Blois où elle s'éteint l'année suivante, après avoir fait graver sur les murs du château : « Rien ne m'est plus, plus ne m'est rien ».

    En 1429, avant son départ pour lever le siège d'OrléansJeanne d'Arc est bénie dans la chapelle du château par Renault de Chartres,archevêque de Reims. Le fils de Louis d'Orléans, Charles, y est fait prisonnier par les Anglais. À son retour en 1440 de captivité en Angleterre, il fait du château de Blois un centre culturel ; il y lance un concours de poésie où s'illustre François Villon avec sa Ballade du concours de Blois. Il entreprend aussi de détruire certaines parties du vieux château, afin de le rendre plus habitable. De la forteresse de cette période ne restent dans le château actuel que la grande salle, datée du xiiie siècle, et la tour cylindrique du Foix2.

    Renaissance [modifier]

    Statue équestre de Louis XII, sous laquelle se trouvent le porc-épicsymbole du roi (dont la devise était « Qui s’y frotte s’y pique. »), la lettre L pourLouis XII et la lettre A, emblème d’Anne de Bretagne.
    Cette statue comporte une erreur de conception : le cheval lève ses deux jambes droites en même temps, ce qui n'est pas possible en réalité.

    Le 27 juin 1462Louis, fils de Charles d'Orléans, naît au château de Blois. Il devient roi de France en 1498 sous le nom de Louis XII ; le château médiéval des comtes de Blois devient résidence royale et Louis en fait sa demeure principale, au détriment d'Amboise. Au début des années 1500(entre 1498 et 1503), Louis XII entreprend avec Anne de Bretagne (son épouse depuis 1499) une reconstruction du château dans un style gothique tardif, sans fortifications, sous la direction des architectes Colin Biart et Jacques Sourdeau (qui travaillera aussi à la construction de l'aile François Ier3), et la création d'un jardin Renaissance aujourd'hui disparu. Il édifie également la chapelle Saint-Calais. Le chroniqueur Jean d'Auton le dira « tout de neuf et tant somptueux que bien sembloit œuvre de roy »4. Privilégié par Louis XII comme résidence d'hiver, le château de Blois devient le théâtre de plusieurs rencontres diplomatiques : mariage de César Borgia en 1499, réception de l'archiduc Philippe d'Autriche en 1501, noces de Guillaume IXmarquis de Montferrat, et d'Anne, fille du duc René d'Alençon, en 1508, fiançailles de Marguerite d'Angoulême avec le duc Charles IV d'Alençonen 1509, séjours de Machiavel en 1501 et 1510. Anne de Bretagne meurt au château le 9 novembre 1514. Ses funérailles sont célébrées à la collégiale Saint-Sauveur, près du château.

    Claude de France, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, épouse en 1514 son cousin François d'Angoulême, arrière-petit-fils de Louis d'Orléans. Il monte sur le trône en 1515 et Claude de France, avec l'intention de quitter le château d'Amboise, remeuble alors le château de Blois pour y installer la Cour. Cette même année, François Ier lance la construction d'une nouvelle aile, de style Renaissance, et y commence une des plus importantes collections de livres de l'époque. La direction des travaux est donnée à l'architecte italien Dominique de Cortone à qui l'on doit l'escalier monumental. Mais après la mort de sa femme au château, en 1524, la construction s'arrête ; François Ier délaisse le château de Blois au profit du château de Fontainebleau où il envoie l'impressionnante bibliothèque pour fonder la Bibliothèque nationale. Néanmoins, Blois n'est pas délaissée pour autant puisque Claude de France y avait mis au monde sept enfants, Blois devenant ainsi une sorte de « pouponnière » royale où sont éduqués les enfant royaux jusqu'à Catherine de Médicis. Le 18 octobre 1534, le château est le théâtre de l'affaire des Placards : des tracts contre la messe sont affichés clandestinement par des partisans de l'église réformée, jusque sur la porte de la chambre du roi. Cette affaire marque le début de la répression du protestantisme en France, après une période de relative tolérance.

    Toujours lieu de fête, Blois reçoit en 1539 la visite de Charles Quint, et c'est à Blois que Pierre de Ronsard rencontre lors d'un bal en avril 1545Cassandre Salviati, qui lui inspire Les Amours de Cassandre. Sacré roi de France, le fils de François IerHenri II, fait son entrée solennelle à Blois en août 1547, accompagné de « femmes nues montées sur des bœufs » (peut-être une mise en scène du mythe de Zeus et Europe, qui choqua plusieurs observateurs). C'est en 1556 que Catherine de Médicis fait représenter devant le roi la tragédie Sophonisbe, première pièce de théâtre à respecter la règle classique des trois unités.

    Le château de Blois reste la résidence principale des successeurs de Henri II et en particulier de François II et Charles IX. François II y passe notamment l'hiver 1559 avec sa femme Marie Stuart qui y a été élevée. En 1571 l'amiral de Coligny y rentre dans les bonnes grâces de Charles IX et de la reine-mère. En 1572, un traité avec l'Angleterre y est signé et au mois d'avril sont célébrées dans la chapelle les fiançailles de Henri de Navarre (futur Henri IV) et Marguerite de France. C'est à Blois que Henri III convoque les États généraux en 1576ceux-ci se tiennent dans la grande salle aujourd'hui appelée salle des États. Puis Henri III doit convoquer les États généraux de 1588-1589. Dans le château, dans sa chambre au deuxième étage, il fait tuer le 23 décembre 1588 son ennemi, le duc de Guise ; le frère de celui-ci, le cardinal de Lorraine, est assassiné le lendemain. Peu après, le 5 janvier 1589, la reine Catherine de Médicis vient y mourir.

    Ancien régime [modifier]

    Le château de Blois par Jacques Rigaud.

    Le château est occupé par le successeur de Henri III, Henri IV, qui y séjourne en 15891598 et 1599. En 1598, celui-ci lance de nouvelles constructions au château, connues grâces à des dessins de Du Cerceau. Il demanda notamment à Arnaud de Saumeryd'édifier une galerie de 200 mètres de long au fond du jardin de Louis XII. Mais ces projets ne seront jamais menés à terme et finiront même par s'écrouler en 1756. À la mort d'Henri IV en 1610, le château devient lieu d'exil pour sa veuve Marie de Médicis, et est habité par Richelieu, après un passage de Louis XIII et Anne d'Autriche en 1616. Reléguée à Blois en 1617 par son fils Louis XIII, Marie de Médicis entreprend d'y construire un pavillon dans l'angle nord-ouest, qu'elle confie à l'architecte Salomon de Brosse. Une inscription en laisse le souvenir dans les sous-sols de l'aile Gaston d'Orléans. Après deux ans de captivité, la reine-mère s'évade du château dans la nuit du 21 au 22 février 1619 à l'aide selon la légende d'une échelle de corde, mais plus probablement en profitant des travaux qui y sont menés, à la suite de quoi elle finit par se réconcilier temporairement avec son fils.

    En 1626, Louis XIII alloue le comté de Blois à son frère Gaston d'Orléans en guise de cadeau de mariage. Ce dernier s'y installe en1634. Gaston d'Orléans aura toujours une profonde affection pour le château, affirmant que « l'air de Blois le guérissait ». En 1635, une nouvelle tentative de développer le château voit le jour avec la mise en œuvre d'une aile dessinée par François Mansart. Mais des problèmes financiers stoppent en 1638 la réalisation du projet et Gaston, ne pouvant y résider (l'escalier n'était pas construit et les logis n'avaient pas de plancher), est contraint d'occuper l'aile François Ier (qui aurait été détruite si le projet avait été conduit à son terme). Des modifications des appartements royaux datent de cette époque. Gaston y vit après la Fronde, de 1652 à 1653, et y décède le 2 février 1660, date à laquelle le château est abandonné.

    Délaissé par Louis XIV, le château n'est plus habité. Au xviiie siècle, le roi cède les lieux à d'anciens serviteurs qui cloisonnent l'intérieur du château en plusieurs petits appartements. Vers1720, la Régence songe un temps à y faire venir le parlement en exil. On lance même un projet de destruction du château en 1788, tandis que le ministère de la guerre propose d'y installer un régiment. C'est ainsi que le château est occupé par le Royal Comtois, régiment de cavalerie.

    Époque contemporaine [modifier]

    Le château de Blois, représenté au début du xxe siècle.

    Au moment de la Révolution, le château est à l'abandon depuis 130 ans, et les révolutionnaires soucieux de faire disparaître tout vestige de la royauté le pillent en le vidant de ses meubles, statues et autres accessoires. L'état du bâtiment est tel que sa démolition est même envisagée, jusqu'à ce que Napoléon Ier décide de le céder à la ville de Blois le 10 août 1810. Néanmoins, le manque d'argent destine de nouveau le château à une occupation de l'armée, qui lui redonne son rôle de caserne. En 1834, la moitié sud de l'aile Charles d'Orléans est détruite pour y établir des cuisines militaire. La présence militaire au château n'empêche pas l'ouverture de l'aile François Ier sous la Restauration. Le château est ainsi visité par Victor HugoHonoré de Balzac, ou encoreAlexandre Dumas.

    En 18415, sous le règne de Louis-Philippe, le château est classé monument historique grâce à l'action de Prosper Mérimée qui obtient la remise en état du bâtiment le 24 juillet 1844Félix Duban est chargé en 1846 de la restauration des appartements royaux de l'aile François Ier ; il associe des couleurs profondes (rouge et bleu) à de l'or6. Secondé par Jules de La Morandière, Duban s'inspire pour les décorations intérieures d'estampes d'époque et des travaux menés par l'érudit Louis de la Saussaye7. La restauration se poursuit jusqu'à la mort de Félix Duban en 1871. Le château est alors transformé en musée. Les restaurations entreprises entre 1870 et 1879 sont sous la direction de Jules de La Morandière.

    C'est en 1850 que Pierre-Stanislas Maigreau-Blau, maire de Blois, fonde le musée des beaux-arts de Blois, qu'il installe dans l'aile François Ier. C'est en effet à cette époque que les provinces se dotent de leur propres musées, encourageant ainsi l'étude des arts. Le maire de Blois défend son projet: « Il n’y a pas de chef-lieu de département en France qui ne soit aujourd’hui doté d’un musée. […] Il serait superflu d’examiner les avantages de ces sortes d’établissements. On sait de quel encouragement puissant ils sont pour les arts et les sciences, par les modèles ou les collections qu’ils offrent à l’étude ». Le musée sera finalement ouvert dans l'aile Louis XII en 1869.

    Une seconde restauration est entreprise entre 1880 et 1913. Elle est confiée à un inspecteur général des monuments historiques, Anatole de Baudot, qui dirige essentiellement les travaux sur la restauration de la charpente et du plancher, sur quelques ornements, et sur l'élaboration d'un système d'évacuation des eaux de pluie. Alphonse Goubert, successeur de Baudot à la tête du chantier, décide de restaurer l'aile Gaston d'Orléans. C'est ainsi qu'il fait construire un escalier monumental en pierre, à partir d'esquisses de Mansart. Il crée également en 1921 un musée lapidaire dans les anciennes cuisines du château.

    Pendant la seconde guerre mondiale, la façade sud du château (principalement l'aile Louis XII) est endommagée par les bombardements. Les vitraux de la chapelle sont notamment détruits. Les travaux de remise en état, commencés en 1946, sont confiés à Michel Ranjard.

    Le 23 mai 1960, un timbre-poste représentant le château est émis.

    Le château est aujourd'hui la propriété de la ville de Blois. Dans les années 90, une nouvelle restauration est conduite par Pierre Lebouteu et Patrick Ponsot. Les toitures, les façades extérieures et les planchers de l'aile François Ier, en particulier, ont été restaurés. Gilles Clément, paysagiste, a été chargé de travailler sur le parc. Pour faire vivre le château, un son et lumière utilisant les voix de Robert HosseinPierre Arditi ou Fabrice Luchini, écrit par Alain Decaux et mis en musique par Éric Demarsan, a été conçu dans les années 1990 : Ainsi Blois vous est conté...8.

    Aujourd'hui encore, des restaurations ciblées continuent. Le château a accueilli 260 226 visiteurs en 20039.

    Architecture et décoration intérieure [modifier]

    Le château de Blois, tel qu'il peut être admiré de nos jours, est principalement constitué de trois ailes où se mêlent les styles gothique, Renaissance et Classique, même si des traces subsistent du château du Moyen Âge.

    Château médiéval [modifier]

    Salle des États [modifier]

    Salle des États.

    Construite par le comte de Blois Thibaut VI en 1214 (la datation exacte a pu être établie grâce au procédé de dendrochronologie, effectué sur la charpente), la salle des États est la plus ancienne salle civile gothique de France10, et un élément architectural marquant du gothique du xiiie siècle. Salle de justice sous les comtes de Blois, elle abrite les États généraux en 1576 et 1588. Elle est restaurée en 2006 et 2007, notamment afin de préserver d'importantes traces de polychromie et de conserver la charpente en chêne. Elle est située à l'extrémité nord de l'aile François Ier. Lambrissée, mesurant près de trente mètres sur dix-huit, elle est composée de deux nefs, séparées par une file de six colonnes aux chapiteaux à crochets supportant les deux voûtes en berceau juxtaposées à la charpente en chêne.

    Le décor peint est l'œuvre de Félix Duban qui l'a restauré de 1861 à 1866, mais s'inspire de la polychromie en usage au xiiie siècle. C'est à lui que l'on doit les quelques 6 720 fleurs de lys peintes au lambris. Le pignon percé de grandes fenêtres, la cheminée ainsi que l'escalier néo-gothique sont également de Félix Duban (seule la petite fenêtre en ogive du pignon ouest est d'origine, les grandes fenêtres à meneau, elles, sont du xve siècle)11. Les vitraux aux emblèmes de Louis XII et Anne de Bretagne sont l'œuvre du peintre-verrier Paul-Charles Nicod, tandis que le parement en terre cuite polychrome est dû au céramiste Jules Loebnitz11.

    Musée lapidaire [modifier]

    Le musée lapidaire, accolé à la salle des États, dans les anciennes cuisines de François Ier, rassemble les sculptures des xvie et xviie siècles des différentes ailes du château (gargouilles en pierre, salamandres en plâtre réalisées sous la direction de Félix Duban pour remplacer les insignes royaux détruits à la Révolution, fronton en pierre et plâtre de l'aile Gaston d'Orléans réalisé par le sculpteur Simon Guillain et restauré par Alfred Jean Halou), la tête du Buste de Gaston d'Orléans en Hercule en plâtre, réalisée par Alfred Jean Halou vers 1915, le produit de fouilles du Loir-et-Cher, des objets provenant du promontoire du château à l'époque médiévale, un ensemble daté de la période carolingienne, ainsi que les moulages et les études en plâtre réalisés par Félix Duban.

    Tour du Foix [modifier]

    La Tour du Foix

    La tour circulaire du Foix, située légèrement en retrait, près de l'aile Gaston d'Orléans, est un vestige des fortifications féodales du xiiie siècle. Plus caractéristique d'une forteresse médiévale, elle offre un panorama sur la ville de Blois, la Loire et l'église Saint-Nicolas. Cette tour défendait au Moyen Âge l'angle sud-ouest du château ainsi que la porte du Foix, située au pied de l'éperon rocheux. Perdant son rôle défensif au xvie siècle, Gaston d'Orléans fit aménager à son sommet un observatoire astronomique qui se présente sous la forme d'un petit pavillon en briques rouges et pierres12, accessible par une tourelle d'escalier garnie de bardeaux de bois11, elle aussi édifiée au xviie siècle. S'élevant sur quatre niveaux, dont trois voûtés, éclairés par des meurtrières en étrier, son niveau inférieur aujourd'hui situé en sous-sol formait autrefois le rez-de-chaussée avant le remblaiement de la terrasse au xviie siècle.

    Aile Louis XII [modifier]

    Vue de l'aile Louis XII, avec à droite la chapelle Saint-Calais et la galerie Charles d'Orléans, depuis l'aile François Ier.

    On pénètre dans le château par l'aile Louis XII, remarquable par son appareil de briques rouges chaînées de pierres blanches, construction courante dans les édifices de style franco-flamand. L'entrée est surmontée par la statue équestre de Louis XII (copie réalisée par le sculpteur Charles Émile Seurre auxixe siècle à partir d'un original perdu) présentée plus haut. Cette aile, construite entre 1498 et 1503, est de style gothique flamboyant comme peuvent l'attester les moulurations, les trilobes, les pinacles des lucarnes, les culots sculptés encadrant les baies. Certains éléments, comme des candélabres sur les piliers ou des coquilles sous la corniche de l'escalier, sont toutefois déjà de style Renaissance. La haute toiture en ardoise percée de lucarnes, au comble habitable, est aussi caractéristique du gothique tardif.

    Le château de Louis XII est souvent comparé au château du Verger, où Colin Biart aurait également travaillé.

    Musée des Beaux-Arts de la ville de Blois [modifier]

    Musée des Beaux-Arts dans l'aile Louis XII.

    Un couloir dessert les différentes pièces, afin d'éviter de devoir parcourir toutes les pièces en enfilade pour traverser l'aile, ce qui est une nouveauté par rapport à l'agencement du château médiéval13.

    L'aile contient depuis 1869 le musée des Beaux-Arts de la ville de Blois. Les huit salles de la galerie présentent un choix de peintures et de sculptures allant du xvie au xixe siècle. La galerie regroupe un ensemble de tapisseries françaises et flamandes des xvie et xviie siècles. Les cheminées ont été refaites à l'emblématique de Louis XII et de sa femme, d'après le célèbre livre d'heures de la reine ; destinées au comte de Chambord, elles sont l'œuvre de Louis Delcros. Le cabinet des portraits contient des tableaux des xvie et xviie siècles provenant des châteaux de Saint-Germain-Beaupré et de Beauregard : Madame de Noailles, le duc de Chevreuse, la Grande Mademoiselle, la duchesse de Beaufort, Anne d'Autriche ou encore Marie de Médicis d'après Rubens y sont visibles. Dans une salle des xviie et xviiie siècles, est conservée une série de cinquante médaillons en terre cuite de Jean-Baptiste Nini14.

    Tour des Champs [modifier]

    La tour des Champs, visible côté cour, accolée à l'aile Louis XII, flanque le pignon près de la Salle des États. Également de style gothique flamboyant, construite en brique et pierre, elle présente sa haute toiture d'ardoise aux lucarnes décorées d'acrotères, entourée d'une corniche finement sculptée. On peut y voir plusieurs sculptures dont le porc-épic de Louis XII en bas-relief.

    Les restaurateurs auraient dissimulé, avec humour, au niveau d'une fenêtre du premier étage, un angelot en cul-de-lampe doté de la chevelure, du nez et du sourire de l'ancien maire de Blois, Jack Lang15.

    Chapelle Saint-Calais [modifier]

    Intérieur de la chapelle Saint-Calais.

    La chapelle Saint-Calais est située au bout de l'aile Louis XII, dans la cour intérieure du château. Il ne subsiste aujourd'hui de cet oratoire privé du roi (construit à partir de 1498 et consacré en 1508 par Antoine Dufour, évêque de Marseille et confesseur de la reine) que le chœur gothique aux voûtes à lierneset tiercerons, la nef ayant été détruite par Mansart lors des travaux de l'aile Gaston d'Orléans. Des vitraux modernes de Max Ingrand, datant de 1957, évoquent plusieurs figures de l'histoire. La façade fut créée par Félix Duban et Jules de La Morandière en 1870.

    Galerie Charles d'Orléans [modifier]

    Arcades de la galerie Charles d'Orléans.

    La galerie Charles d'Orléans, collée à la chapelle Saint-Calais, était autrefois deux fois plus longue, mais fut, comme la chapelle, détruite en partie au xviie siècle. Construite au milieu du xve siècle, il s'agit du premier édifice dans lequel la pierre et la brique sont employés simultanément16. La galerie est portée par des arcades en anse de panier très surbaissées. Des colonnes aux fûts losangés, timbrés de la fleur de lys et de l’hermine royales, alternent avec des piliers dont le dessin superpose cercle et carré.

    Aile François Ier [modifier]

    Dans l'aile François Ier, de style Renaissance, l'architecture et l'ornementation sont marquées par l'influence italienne. Même si seulement douze ans séparent la construction de l'aile François Ier de celle de l'aile Louis XII, l'inspiration italienne a non seulement influencé les motifs décoratifs, mais aussi l'agencement et la forme complète de l'édifice.

    L'escalier [modifier]

    L'élément central de cette aile est l'escalier monumental, de type vis hors-œuvre, octogonal, dont trois côtés sont encastrés dans le bâtiment lui-même. L'escalier, « fouillé comme un ivoire de Chine » selon Balzac, couvert de fines sculptures Renaissance, d'ornements italianisants (statues, balustres, candélabres) et d'emblèmes royaux (salamandres, couronnes, « F » pour François Ier, « C » pour Claude de France), s'ouvre entre les contreforts par de larges baies sur la cour du château. Sa voûte dallée, de forme hélicoïdale, soutenue par des contreforts rectangulaires extérieurs, en font un symbole récurrent de l'architecture française à la Renaissance et annoncent les innovations de l'époque sur l'architecture des escaliers, qui deviennent, plus qu'un élément fonctionnel, un ajout esthétique majeur.

    Les façades [modifier]

    Façade des Loges.
    Façade intérieure.

    Au revers de l'aile, accessible depuis la galerie de la Reine, se trouve la façade des Loges, construite à sept mètres en avant de l'ancienne courtine, caractérisée par une suite de niches non-communicantes. Ces loges, bien qu'inspirées par les façades de Bramante17de la cour Saint-Damase au Vatican (alternance rythmique bien qu'inconstante entre les travées de baies et les trumeaux pleins), montrent dans leur construction quelques gallicismes (arcs en anse de panier, présence d'échauguettes, ordonnance irrégulière des travées, ouvrages en surplomb etc.)18. Sa décoration présente entre autres des bas-reliefs sur les allèges des échauguettes représentant les douze travaux d'Hercule et d'autres scènes représentant le héros grec (Hercule et le centaure, Hercule et l'hydre de Lerne, Hercule et le taureau de Crète, Hercule et Antée, Hercule et Cacus notamment). Cette façade donnait autrefois sur les jardins créés par Louis XII.

    Côté cour, la façade est ornée de fenêtres à meneaux alternés de pilastres aux chapiteaux italianisants, qui croisent les moulures entre les étages. La corniche au sommet de cette façade présente, superposés, une série de motifs de la première Renaissance. Elle court le long de la façade et contourne l'escalier monumental. La haute toiture et la présence de gargouilles le long de la façade montre néanmoins un héritage du style gothique qui n'a pas encore été complètement abandonné par les architectes.

    Malgré son apparente homogénéité, l'aile François Ier englobe la salle des États, à gauche de la façade des Loges.

    Appartements royaux [modifier]

    Les appartements royaux situés dans cette aile ont été restaurés. Ils avaient été reconstitués par Félix Duban dans l'esprit romantique de son époque. En effet, Gaston d'Orléans détruisit un quart de l'aile François Ier, dont les appartements privés de Francois Ier. Félix Duban s'inspira du principe selon lequel les appartements publics donnaient sur la cour du château et les appartements privés sur les jardins aujourd'hui disparus.

    Le premier étage est l'étage des appartements de la reine.

    Galerie de la Reine [modifier]
    La galerie de la Reine.

    Le carrelage de la galerie de la Reine, créé par Félix Duban en terre cuite vernissée sur un modèle du xve siècle, a été restauré à la fin du xxe siècle. Il se présente sous la forme d'un réseau de formes géométriques bleues, blanches et jaunes. On peut y voir une exposition d'instruments anciens parmi lesquels :

    • un clavecin italien en cyprès peint et buis datant de 1572 et réalisé par Giovanni Baffo, remanié vers 1880 par Léopold Franciolini,
    • une mandoline en faïence de 1875 réalisé par Josaphat Tortat,
    • un violon en faïence de 1867, œuvre d'Ulysse Besnard,
    • une pochette de maître à danser en bois, marqueterie et ivoire.

    La galerie est également ornée de bustes de rois de France, dont :

    • un buste de Henri II en bronze et marbre d'après Germain Pilon,
    • un buste de François Ier en armure du xvie siècle à l'auteur anonyme, acquis en 1926, remanié par Louis-Claude Vassé en 1756, moulage en plâtre patiné d'après une œuvre en bronze conservée au Louvre,
    • un buste de Charles IX en plâtre patiné,
    • un buste de Henri III en plâtre patiné,
    • un buste de Henri IV en plâtre.

    On peut aussi observer un buste anonyme en plâtre du xixe siècle représentant Pierre de Ronsard, orné d'un épitaphe en marbre noir datant de 1607. La galerie conserve également plusieurs tableaux, dont une huile sur cuivre qui serait un portrait présumé de la princesse de Conti, vers 1610, et une huile sur toile de C. Martin, Marie de Médicis et le dauphin1603. En outre, la galerie abrite un ensemble de monnaies anciennes à l'effigie de Louis XII, François Ier, Henri II, Charles IX, Henri III et Henri IV.

    Cabinet de la Reine [modifier]
    Intérieur du studiolo.

    On trouve au premier étage le cabinet de Marie de Médicis ou studiolo, dans lequel des panneaux de bois dissimulent quatre placards à mécanisme secret, ce qui lui a donné le nom de chambre des secrets. Les panneaux de bois sont d'origine mais la cheminée ainsi que le plafond ont été recréés par Félix Duban. Les 237 panneaux sculptés de candélabres à l'italienne datent des années 1520. Les placards n'étaient pas destinés à dissimuler des poisons comme certains auteurs romantiques le prétendent, mais servaient à exposer des œuvres d'art et des livres précieux. Le plafond est orné de fleurs de lys et, en son centre, d'un ouvrage carré où figurent le H et les deux C entrelacés de Henri II et Catherine de Médicis. Un escalier permet d'accéder au cabinet neuf, à l'étage supérieur.

    Chambre de la Reine [modifier]

    La chambre de la Reine, autrefois galerie des appartements de François Ier, devint la chambre royale de Catherine de Médicis qui y mourut le 5 janvier 1589. Le monogramme de Henri II et de Catherine de Médicis composé d'un H et de deux C entrelacés est omniprésent dans cette pièce, notamment sur la cheminée, Félix Duban l'ayant restauré en 1845 d'après une tenture de cuir doré et peint. La pièce est richement meublée, avec :

    • un lit à torchères en chêne et hêtre de la fin du xvie siècle, remanié au xixe siècle, orné aux angles de colonnes torses sommées de pots à feu. Le châssis et les pieds à godrons sont caractéristiques du règne de Henri IV ;
    • un coffre à couvercle bombé, dans le style français du xviie siècle en chêne, orné d'un panneau représentant la décollation de saint Jean-Baptiste ;
    • une armoire à deux corps du xvie siècle, remaniée au xixe siècle, en noyer avec des incrustations de nacre et d'ivoire ;
    • un cabinet espagnol dit Bargueno du xvie siècle, aux piètements du xixe siècle, en noyer, ivoire et métal.

    Les salles des gardes [modifier]

    La salle des capitaines des gardes de la reine, formée par la réunion de deux pièces, est ornée de deux cheminées au décor Renaissance, sur lesquelles sont visibles la salamandre de François Ier et l'hermine de Claude de France. L'une d'elles est ornée de niches dorées. On peut y observer un buste de François Ier en plâtre, réalisé par Jean-Baptiste Halou, datant de1850, une armoire en bois sculptée, un tableau d'Isidore Patrois François Ier confère au Rosso les titres et bénéfices de l'abbaye de Saint-Martin, et une sculpture moderne de Goudji,Salamandre, nutrisco et extinguo en argent, serpentine, ébène teintée et or, donné par l'artiste en 2007.

    La salle des gardes fut construite de part et d'autre de la courtine médiévale de l'édifice. Les murs furent peints par Vitet entre 1845 et 1847, celui-ci s'inspirant des enluminures de la Renaissance. Elle est actuellement consacrée à l'histoire de l'armement et de son évolution du xve au xviie siècle. Elle présente ainsi une importante collection d'armes anciennes, parmi lesquelles :

    La salle est également meublée d'un coffre espagnol du xixe siècle en bois de chêne sculpté orné de scènes de batailles et de sièges, et d'un autre coffre de bois sculpté aux ornements géométriques.

    Les murs sont décorés de plusieurs tableaux dont:

    • Le départ des lansquenets, huile sur toile de Gustave Jacquet, donné par l'État en 1868.
    • Baillard adoubant François Ier.
    • Bourguignon dans son atelier, huile sur toile de Jean-Alexandre-Rémi Couder, 1851.

    La salle des gardes conserve également une collection de bronzes, dont:

    L'oratoire [modifier]
    Oratoire de Catherine de Médicis.

    L'oratoire, lambrissé, s'inspire de celui de la bibliothèque du Connétable de Montmorency au château d'Écouen vers 1550. Les vitraux datent du xixe siècle.

    Cabinet neuf [modifier]

    Le deuxième étage abrite les appartements du roi, dans lesquels figure le cabinet neuf (cabinet de travail de Henri III), reconstitué par Félix Duban d'après un fragment représentant une sirène. Le mur est orné d'une tapisserie représentant Pâris, le prince de Troie. Sur le balcon subsistent les boiseries peintes d'un cabinet du xviie siècle.

    Galerie Duban [modifier]

    La galerie Duban présente des dessins, gravures et objets évoquant l'œuvre de l'architecte, notamment au château de Blois.

    Salle des Guises [modifier]

    La salle des Guises abrite une collection de tableaux présentant les principaux personnages et les événements tragiques liés aux guerres de religion. De nombreux peintres historicistes du xixe siècle ont été inspirés par l'assassinat du duc de Guise. On trouve dans cette salle plusieurs tableaux dont certains sont devenus célèbres :

    • Henri III et ses mignons, Ulysse, xixe siècle.
    • Henri III poussant du pied le cadavre du duc de Guise, huile sur toile de Barthélémy Charles Durupt, 1833.
    • La duchesse de Nemours et Henri III, d'Arnold Scheffer.
    • Procession et cérémonie funèbre en l'honneur du duc de Guise, d'Arnold Scheffer, 1868.
    • Le cardinal de Lorraine sortant de sa prison ou Assassinat du cardinal de Guise, huile sur toile d'Alebert de Médine, 1857.
    • Henri de Lorraine, duc de Guise, dit le Balafré, huile sur toile anonyme, xixe siècle.
    • L'assassinat du duc de Guise, huile sur toile d'après Paul Delaroche.

    Salle du conseil [modifier]

    La salle du conseil à la cheminée monumentale ornée d'une salamandre dorée, réunit de riches meubles réalisés au xixe siècle dans le style Renaissance, rappelant le luxe princier duxvie siècle :

    • un rafraîchissoir en bois de châtaignier, de Taylor-et-fils, présenté à l'exposition universelle de 1862 ;
    • une table octogonale en bois et marbre du xixe siècle soutenue par des pieds sculptés en forme de sirènes, sur laquelle est posée un vase en granit orbiculaire de Corse du xixe siècle ;
    • une armoire à deux corps en noyer, ivoire, émail, et pierres dures datant de 1862, réalisée par John Deeble Crace ;
    • un buffet à deux corps en noyer, ivoire, émail et pierres dures datant de 1862, œuvre de Joseph Pierre Janselme.

    La salle du conseil est également ornée de plusieurs statues, dont :

    La salle du conseil est également décorée de plusieurs tableaux, dont Un page, huile sur toile de Ferdinand Roybet.

    Salle du roi [modifier]

    La salle du roi est richement meublée. Elle possède notamment :

    • un siège pliant de style Renaissance italienne sous un dais fleurdelysé du xixe siècle en bois sculpté et doré ;
    • une crédence française en chêne du xixe siècle ;
    • une chaire à l'emblème de François Ier en noyer du xixe siècle ;
    • une armoire à deux corps française en noyer du xixe siècle ;
    • une table à rallonges à l'italienne, des xvie et xixe siècle en noyer.
    • plusieurs tapisseries.

    Sa cheminée monumentale est l'une des plus grandes et des plus imposantes du château. Peinte et dorée à l'effigie de François Ier (salamandre et fleurs de lys) et de Claude de France (hermine), et également décorée d'un mélange d'éléments de style italien comme des putti (petits angelots), des guirlandes de fleurs et de fruits, des rinceaux, candélabres et festons, et d'autres de style médiéval, comme des dragons. Néanmoins, cette décoration chargée n'est pas le travail exclusif de Félix Duban. De récentes restaurations ont révélé des traces de polychromie datant des années 1515-1520, laissant croire que Duban n'a fait que raviver des couleurs déjà existantes.

    Galerie du roi [modifier]

    La galerie du roi présente une belle collection de faïences néo-Renaissance des xixe et xxe siècle, dont de nombreuses œuvre d'Ulysse Besnard (1826-1899) parmi lesquelles :

    • un cache-pot sur pied colonne réalisé par Émile Balon en 1919 ;
    • un coffret à bijoux réalisé par Isabelle Besnard en 1872 ;
    • une assiette à l'autoportrait d'Ulysse Besnard, par Ulysse Besnard, 1882 ;
    • un grand vase créé par Ulysse Besnard en 1868 ;
    • un vase à motifs de guerriers antiques, par Ulysse Besnard, 1872 ;
    • un vase couvert d'Ulysse Besnard, 1881 ;
    • une jardinière d'Ulysse Besnard, 1887.

    On peut également y voir un tableau d'Ulysse Besnard : Hallebardier devant un château-fort, huile sur toile de 1889.

    Chambre du roi [modifier]
    Chambre du roi.

    La chambre du roi est celle dans laquelle la légende veut que le duc de Guise soit mort, se jetant au pied du lit du roi après avoir été frappé par huit spadassins. Pour évoquer le roi, Duban a volontairement enrichi d'or le décor de la salle et a serti l'alcôve royale de fleurs de lys. Il est meublé d'un lit monumental d'Italie du xvie siècle, remanié au xixe siècle, en bois sculpté, peint et doré, ainsi que d'une armoire à deux corps française de la fin du xvie siècle, en bois de noyer.

    Tour Château-Renault [modifier]

    La tour Château-Renault se trouve dans la continuité de l'aile François Ier, qu'elle domine de son chemin de ronde et de sa haute toiture. Côté jardin, elle poursuit la façade des loges par des baies plus petites et un décor similaire (panneaux sculptés, pilastres). Ouverte au public par beau temps depuis les restaurations de 2003, elle dévoile un panorama sur les anciens jardins royaux où subsistent le pavillon Anne de Bretagne et l'orangerie.

    Aile Gaston d'Orléans [modifier]

    Façade intérieure de l'aile Gaston d'Orléans.

    La réalisation de l'aile Gaston d'Orléans a été confiée à François Mansart entre 1635 et 1638, date à laquelle le manque de subsides contraint à l'arrêt des travaux. Elle est de style classique. Cette aile occupe le fond de la cour, face à l'aile Louis XII, et remplace la « perche aux Bretons », le pavillon de Marie de Médicis et le logis de Charles IX. L'avant-corps central comporte trois travées où l'on peut distinguer la superposition des ordres doriqueionique et corinthien. Le fronton central est notamment décoré de deux sculptures représentant à gauche Minerve et à droite Mars. Son aspect inachevé a d'ailleurs provoqué quelques réactions mémorables : si Félibien vers 1680 ne faisait que regretter l'inachèvement de l'édifice, Gustave Flaubert s'emporte en 1847 contre« un corps de logis au goût sobre qui est le goût pauvre »19.

    François Mansart y a construit une cage d'escalier d'honneur surmontée d'une double-coupole emboîtée, ornée de sculptures allégoriques attribuées à Simon Guillain et Michel Anguier, qui sera l'une des nouveautés apportées par l'édifice, tout comme la charpente à comble brisé, qui fera école durant les xviie et xviiie siècles. Un portique concave vient adoucir l'avant-corps central, avec ses colonnes cannelées (dont certaines néanmoins resteront inachevées après l'abandon des travaux).

    L'aile abrite une salle d'histoire du château et des salles destinées à des expositions temporaires et à des congrès. Elle a aussi abrité entre 1903 et 1914 le muséum d'Histoire naturelle de Blois avant qu'il soit déplacé dans l'ancien palais de l'Évêché où il sera inauguré en 1922. De retour au château après les bombardements de la deuxième guerre mondiale, il restera dans les combles de l'aile Gaston d'Orléans jusqu'en 1984, date à laquelle les collections restaurées sont transférées aux Jacobins où le musée rouvre ses portes.

     

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Château_de_Blois

  • Château d'Oricourt

    Le château médiéval d'Oricourt

    Le château fort le mieux conservé en Franche-Comté
    la tour du fond
    intérieur de la viorbe
    la tourelle
    boulets de trébuchet
    le colombier
    intérieur du colombier
    la grande cave

    Édifié vers le milieu du XIIe siècle sur le bord d’un plateau, face à la plaine de Lure, le château d’Oricourt est un château fort à double enceinte. La première enserre la basse cour (cour de ferme) et la seconde, lahaute cour (cour d’habitation). Dans cette dernière, vous découvrirez un ensemble de bâtiments du XIIe et du XVe siècle, le puits, une citerne, la boulangerie, des caves et une grande salle à manger. Deux tours carrées de 25 mètres de haut dominent les courtines et de profonds fossés. À l’extérieur, côté village, a été érigé un imposant colombier.

    Gaucher, connétable du Comté de Bourgogne est seigneur d’Oricourt vers 1170. À la fin du moyen âge, c’est le chancelier de Bourgogne, Nicolas Rolin, immortalisé par Van Eyck et fondateur des Hospices de Beaune, qui en est propriétaire.

    Oricourt est actuellement le château fort le mieux conservé en Franche-Comté. Un lieu pédagogique et une architecture originale à découvrir ! Vous serez accueillis par les propriétaires et vous pourrez apprécier ce monument sous la conduite d’un guide-conférencier agréé.

     

    Source : http://www.oricourt.com/

  • Château de la Roche-Guyon

     

    Adossé depuis le Moyen-Age à la falaise de craie, dominant la boucle de la Seine, l’imposant château a toujours intrigué le visiteur.

    Depuis le donjon médiéval jusqu’aux écuries du XVIIIe siècle, des premières habitations troglodytiques au potager des Lumières, des salons d’apparat aux casemates aménagées par Rommel, le château est un parcours d’architecture !

     

    Venez vous perdre dans le temps et l’histoire en découvrant le château au fil des siècles :

    • Le château des origines

    • La forteresse inexpugnable

    • Du château médiéval au lieu de villégiature

    • Le XVIIIe siècle éclairé : La Roche-Guyon à son apogée

    • La Révolution

    • Au XIXe siècle...

    • La Roche-Guyon sous la seconde Guerre Mondiale

    • Cartes postales anciennes

       

       

      Un site stratégique

      Le site sur lequel s’est installé le château de La Roche-Guyon est en lui-même assez particulier. A cet endroit, la Seine dessine une large boucle que dominent des coteaux calcaires. Ces derniers offrent au regard un large panorama sur la vallée. Ils permettent d’observer de loin la circulation fluviale et de la contrôler. La Roche-Guyon profite donc d’une position stratégique non négligeable.

      Les habitations troglodytiques

      C’est la falaise de craie, facile à creuser, qui a abrité les premiers habitants de La Roche. La légende de Saint Nicaise et de Sainte Pience, premier personnage connu de l’histoire de La Roche-Guyon, fait remonter au IIIè siècle la création de la chapelle troglodytique du château.

      Les premières habitations, dissimulées par les circonvolutions des coteaux, mettaient les hommes à l’abri des regards et des agressions diverses mais leur permettaient en revanche d’intervenir rapidement sur le fleuve (pillages de navires...). Le château s’est inséré dans l’ensemble de ces habitations troglodytiques, faisant totalement corps avec le coteau du plateau du Vexin. Traditionnellement prénommés Guy, les seigneurs de La Roche donnent leur nom au lieu : La Roche-Guyon.

      Une position géopolitique déterminante

      Un acte du IXè siècle laisse à penser que le château rupestre remonte aux incursions des Vikings et aux tentatives des souverains carolingiens pour organiser la défense sur les rivières qu’empruntent les pillards du Nord. C’est en 911, date de la signature du traité de Saint-Clair sur Epte, que le château acquiert son rôle militaire de défense de la frontière. A la fin du XIè siècle, les seigneurs de La Roche se rapprochent des Anglo-normands avant de revenir définitivement dans l’allégeance du roi de France. En 1109, le château devient le théâtre d’un assassinat politique. Il s’agit du meurtre de Guy de La Roche par son beau-père normand. Ceci montre bien l’enjeu stratégique et politique que représente alors la future forteresse.


      Aux heures naissantes du christianisme, les missionnaires partaient par le monde évangéliser les peuples païens. C'est ainsi qu'au IIIè siècle le pape Clément installé à Rome envoya une compagnie sur les routes de Gaule. Saint Denis et Saint Nicaise faisaient partie du voyage, le premier pour Paris, le second en direction de Rouen.
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      Guy de La Roche assassiné par son beau-père !

      An de grâce 1109. La victime se rend à la messe dans la chapelle troglodytique lorsque Guillaume, son beau-père Normand, se jette sur lui avec son épée et le tue. La femme de Guy et ses enfants sont également massacrés.

      L’annonce des meurtres se répand alentour. De crainte que les assassins ne terrorisent le pays ou que la forteresse ne soit récupérée à des fins politiques, les hommes se rassemblent. Le roi, Louis VI le Gros, est alerté. Les intrus sont combattus, puis tués. Les cadavres mutilés sont placés sur des embarcations sur la Seine afin que, emmenés par le courant jusqu’à Rouen, ils témoignent du sort que l’on réserve aux félons normands !

      Cet épisode de l’histoire du château de La Roche-Guyon, rapporté par l’abbé Suger dans sa "Vie de Louis VI le Gros", montre bien le rôle géo-stratégique qu’occupait très tôt la forteresse. Louis VI le Gros, averti des événements et conscient des risques encourus par la perte de la forteresse, donne rapidement ses ordres et se déclare prêt à envoyer de l’aide pour venir à bout des envahisseurs. Il aurait été impensable que La Roche-Guyon tombe aux mains ennemies. En effet, depuis l’an 911 où le traité de Saint-Clair sur Epte cède la Normandie aux Vikings, la Roche-Guyon garde la frontière, surveillant l’ennemi et la Seine.

      Par ailleurs le texte de l’abbé Suger donne une idée de l’allure qu’avait le château à l’époque :

      "Au sommet d’un promontoire abrupt, dominant la rive du grand fleuve de Seine, se dresse un château affreux et sans noblesse appelé La Roche-Guyon. Invisible à sa surface, il se trouve creusé dans une haute roche. L’habile main du constructeur a aménagé sur le penchant de la montagne, en taillant la roche, une ample demeure pourvue d’ouvertures rares et misérables."


       

      911 est une date importante dans l’histoire de France. Mais elle se révèle tout à fait déterminante pour celle de La Roche-Guyon.

      En effet, au IXè siècle, les invasions Vikings menacent sérieusement le royaume franc. Pour mettre fin à ces saccages, Charles le Chauve tente de négocier avec l’envahisseur.

      En 911, le traité de Saint-Clair sur Epte donne naissance au duché de Normandie et la concède aux Vikings. Rouen en sera la capitale.

      Mais dès lors, La Roche-Guyon, de par sa position frontalière au carrefour de la Seine et de l’Epte, occupera une position militaire primordiale ; et le seigneur du château sera investi d’un moyen de pression politique important.

       

       

    911 est une date importante dans l’histoire de France. Mais elle se révèle tout à fait déterminante pour celle de La Roche-Guyon.

    En effet, au IXè siècle, les invasions Vikings menacent sérieusement le royaume franc. Pour mettre fin à ces saccages, Charles le Chauve tente de négocier avec l’envahisseur.

    En 911, le traité de Saint-Clair sur Epte donne naissance au duché de Normandie et la concède aux Vikings. Rouen en sera la capitale.

    Mais dès lors, La Roche-Guyon, de par sa position frontalière au carrefour de la Seine et de l’Epte, occupera une position militaire primordiale ; et le seigneur du château sera investi d’un moyen de pression politique important.

     

    Dans le cadre des affrontements entre les Normands et le royaume franc, la forteresse de La Roche-Guyon prend tout son poids. La guerre du Vexin, plus particulièrement, souligne la nécessité de renforcer la frontière et, avec elle, le château de La Roche-Guyon. La forteresse se transforme peu à peu en château fort.

    C’est à la fin du XIIè siècle, vers 1190, que le donjon est constuit. Il est renforcé au début du XIIIè siècle par une double chemise qui le rend presque imprenable.

    En savoir plus sur le donjon...


    Vers 1250, le donjon se complète d’un manoir au pied de la falaise. Le système défensif est alors doublé : la crête et la rive de la Seine sont solidement gardées. Les deux parties du château étant reliées par un escalier souterrain creusé dans la falaise, le château est aisément défendable par l’un ou l’autre de ces pôles.

    Le château troglodyte, invisible en surface, laisse place aux fortifications médiévales. Herses, assomoirs et autres ouvrages ont plus tard été englobés dans les aménagements successifs du château. Mais on peut encore en voir les traces, assez insolites, dans la tour carrée (à l’ouest) et à l’intérieur même du château, à gauche en entrant par le grand escalier de la cour d’honneur.

    Véritable place forte, le château de La Roche-Guyon est assiégé pendant la guerre de Cent Ans. En 1419, Rouen prise, et Vernon et Mantes ayant capitulé, Henri V ordonne le siège du château. Celui-ci dura 6 mois ! La forteresse prise n’est reconquise qu’en 1449 avec l’aide victorieuse des troupes du roi de France.

    En savoir plus sur la reconquête du château...


    Véritable repère dans le paysage, le donjon s'impose en gardien du château de La Roche-Guyon et des siècles d'histoire qu'il a vu défiler.
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    Erigé vers 1190, le donjon est rapidement complété de deux enceintes, le tout étant achevé dans les premières années du XIIIè siècle. Il faut l’imaginer bien plus imposant qu’il ne l’est aujourd’hui. Haut d’une vingtaine de mètres à présent, il en faisait plus de trente à l’origine. Il dominait la vallée de la Seine et permettait dans le même temps de garder un oeil vigilant du côté du plateau en direction de la vallée de l’Epte et de la Normandie toute proche.

    La Guerre de Cent Ans achevée, du château de La Roche-Guyon perd sa vocation militaire.

    Par le mariage de Marie de La Roche (fille de Guy VII) avec Bertin de Silly en 1474, le château passe dans la famille de Silly où il reste jusqu’en 1628. C’est la famille de Silly qui transforme la forteresse médiévale en lieu de résidence habitable.

    Pour ôter l’aspect guerrier de la bâtisse, on perce des ouvertures qui laissent entrer la lumière. Les remparts du bas sont également transformés afin de rendre l’ensemble plus accueillant. De forteresse, le château devient un lieu d’agrément qui accueille désormais la visite des rois. François 1er et Henri II y séjournent à l’occasion de parties de chasse. Les terres de La Roche-Guyon sont élevées en duché-pairie.

    Henri IV courtise même la châtelaine, Antoinette de Pons, mais sans grand succès.
    En savoir plus...


    Au XVIIè siècle, on met en place le potager. Il est créé par remblais entre le château et le fleuve. Le potager offre alors une surface cultivable. Il constitue parallèlement une digue de protection contre les inondations et éloigne la Seine qui, au Moyen-Age, alimentait les douves.

    Le château des Silly, gravure de Claude Chastillon, vers 1600, Archives départementales du Val d’Oise.


    Le château des Plessis-Liancourt, vers 1650. Gravure d'Israël Silvestre. Bibliothèque nationale.


    1449 Reconquête du château par Guy VII de La Roche

    1474 Le château passe à la famille de Silly par le mariage de Marie de La Roche avec Bertin de Silly

    1628 Mort de François de Silly. Antoinette de Pons, sa mère, s’étant remariée avec Charles du Plessis Liancourt, le château devient propriété des Plessis-Liancourt

    1659 Mariage de Jeanne-Charlotte du Plessis Liancourt avec son cousin François VII de La Rochefoucauld, le fils de l’auteur des Maximes. La Roche-Guyon passe dans la famille de La Rochefoucauld qu’elle ne quittera plus, mis à part un intermède de 30 ans.


    Henri IV éconduit à La Roche-Guyon.
    Antoinette de Pons, veuve de Henri de Silly, comte de La Roche-Guyon, était réputée pour être une femme très belle, mais également très vertueuse. Depuis la mort de son époux en 1586, elle s'était retirée de la Cour et vivait à La Roche-Guyon.

    1097 Guerre du Vexin

    1190 Construction du donjon

    1204 Annexion de la Normandie par Philippe Auguste

    1250 Construction du manoir du bas

    1337-1453 Guerre de Cent Ans

    1419 Siège de La Roche-Guyon

    1449 Reconquête du château par Guy VII de La Roche et les troupes du roi


    En 1415, Henri V roi d'Angleterre se lance à l'assaut des côtes françaises. La noblesse française se rassemble à Azincourt pour contrer ses troupes. Mais c'est la débâcle.
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    Guy VI de La Roche meurt le 25 octobre 1415 lors de la bataille d'Azincourt. Il laisse derrière lui Perrette de La Rivière, sa femme, ainsi que ses trois enfants.

    Le XVIIIe siècle correspond à l’apogée du château de La Roche-Guyon. Le duc Alexandre de La Rochefoucauld puis sa fille, la duchesse d’Enville entreprennent de grands travaux qui modifient profondément l’ancienne forteresse et lui donnent l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui : les écuries, les deux pavillons, la cour d’honneur et son entrée monumentale.

    Les raisons de cette métamorphose

    En 1744, Alexandre de La Rochefoucauld, duc et pair de France, est compromis dans une cabale contre Madame de Châteauroux, la favorite du roi. Louis XV exile le duc de La Rochefoucauld sur ses terres de La Roche-Guyon avec ordre d’y rester.

    C’est à cette disgrâce que le château doit sa métamorphose spectaculaire en résidence princière. Les travaux profitent aussi au village. En effet, le duc crée un vaste potager derrière la digue qui borde la Seine. Il rénove le chemin du bac et la route de Gasny. Il modernise le réseau d’adduction d’eau et fait creuser un grand réservoir souterrain pour alimenter sa demeure ainsi que le lavoir et la fontaine du village.

    Un héritage familial à perpétuer

    La fille aînée du duc, Marie Louise Nicole de La Rochefoucauld accompagne son père dans son exil. Ils s’entourent d’une société choisie d’aristocrates éclairés et de gens d’esprit. On voit à La Roche-Guyon des ministres (Choiseul, Maurepas, puis Turgot) et des gens de lettres (Madame du Deffand, Julie de L’Espinasse, d’Alembert et plus tard Condorcet).

    La duchesse est aussi philanthrope et amie du progrès. Elle expérimente par exemple la culture de la pomme de terre pour fabriquer du pain économique (1769). Elle contribue à la diffusion du vaccin contre la variole alors que la pratique n’en est qu’à ses balbutiements. A La Roche-Guyon, elle ouvre une filature, une magnanerie (élevage du ver à soie), une briqueterie, mais également une école gratuite.

    La Roche-Guyon est à son apogée un lieu de réflexion et de mise en pratique de la philosophie des Lumières où l’humanisme des châtelains profite à l’ensemble du village et de ses alentours.


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    Duchesse d'Enville
    Deux portraits d’une grande famille de France. Alexandre de La Rochefoucauld et la duchesse d’Enville sont deux personnages phares de La Roche-Guyon.
    Ecuries, cour d’honneur, potager, pavillons... Tout au long du XVIIIe siècle, une succession de travaux métamorphose le château de La Roche-Guyon.

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    Commandées en 1767 par la duchesse d’Enville à la Manufacture Royale des Gobelins, les tapisseries, ainsi que leurs couleurs, se sont admirablement bien conservées.

    Louis Alexandre de La Rochefoucauld (1742-1792)

    Fils de la duchesse d’Enville, il devient duc de La Rochefoucauld à la mort de son grand-père Alexandre de La Rochefoucauld. Dès lors, en tant que duc et pair, il est un des personnages les plus importants du royaume.

    Au siècle des Lumières les idées nouvelles foisonnent. Les concepts voyagent avec les hommes et leurs livres... 1776, les 13 colonies américaines se déclarent indépendantes. Benjamin Franklin arrive en France. Il est accueilli avec enthousiasme par la noblesse éclairée. Le modèle de démocratie américain séduit ces élites bercées de l’esprit des Lumières. Afin de mieux diffuser ces idées nouvelles, Louis-Alexandre de La Rochefoucauld s’attache à traduire en français les constitutions du Delaware, du Maryland, de La Virginie et de la Caroline du Sud. La première édition paraît en 1778.

    En 1776, Lafayette part en Amérique. Il en revient en 1779, plein de récits qui subjuguent le duc de La Rochefoucauld.

    Enthousiasmé par l’indépendance américaine, il se passionne pour la Révolution française. D’un engagement politique franc et entier, il sert au mieux les intérêts du peuple français. Elu pour la Noblesse aux Etats Généraux de 1789, il fait partie avec Lafayette des tout premiers nobles qui rejoignent le Tiers Etat. Président du département de Paris en 1791, il est désavoué un an plus tard. Le 16 août 1792, un mandat d’arrêt est lancé contre lui : il avait refusé d’émigrer malgré les menaces qui planaient sur lui. Il est arrêté avec sa mère et son épouse à Forges-les-Eaux le 4 septembre 1792. C’est à Gisors lors de son transfert que Louis Alexandre de La Rochefoucauld est massacré à coups de pierre sous les yeux de sa mère et de sa femme.

    La duchesse sauvée par les habitants de La Roche-Guyon

    Près de 1000 prisonniers, nobles, anciens ministres, prêtres, sont massacrés entre le 2 et le 6 septembre 1792. La duchesse d’Enville et sa belle-fille y échappent mais sont emprisonnées le 2 septembre 1794. C’est une pétition signée par les habitants de La Roche-Guyon qui les libère un mois plus tard à peine, témoignant par là-même leur attachement ou leur reconnaissance envers une grande dame qui avait fait beaucoup pour le village.

    La duchesse d’Enville meurt à Paris le 31 mai 1797. Son gendre, Louis Antoine de Rohan-Chabot fait déposer son coeur dans la chapelle du château de La Roche-Guyon. Alexandre Louis Auguste de Rohan-Chabot (1765-1816), le petit fils de la duchesse hérite du domaine.


    Le 2 octobre 1793, le Conseil Général de Seine et Oise ordonne que le donjon soit démantelé. Il craignait que celui-ci ne devienne dangereux s’il était pris par les contre-révolutionnaires. On commence donc à démonter le symbole de la féodalité. Les pierres sont jetées du haut pour combler les enceintes.

    La démolition ne sera pas totale, mais le donjon perdra presque un tiers de sa hauteur initiale ! Les pierres détachées serviront de matériaux de construction aux Guyonnais. En un sens, le donjon fait partie intégrante du paysage et du village de La Roche-Guyon !


    Le visiteur qui se rend à La Roche-Guyon ne manquera pas d’observer l’architecture du bâtiment qui fait presque face au château.



    Bâtiment monumental avec ses colonnes, la mairie est inaugurée en 1847. Elle asseoit le pouvoir municipal qui se substitue au pouvoir ducal dès 1790.

    La succession de madame d’Enville

    Madame d’Enville s’éteint à Paris en 1797 à l’âge de 81 ans. D’abord administrés par sa belle-fille, le château et les terres passent ensuite à son petit-fils, le prince de Léon, duc de Rohan. A sa mort, le domaine est partagé entre ses six enfants. Le château, le parc et un sixième des terres reviennent alors à son fils aîné, le futur cardinal de Rohan.


    Le cardinal de Rohan

    Louis François Auguste de Rohan-Chabot, arrière petit-fils de la duchesse d’Enville, naît le 29 février 1788. En 1808, il épouse Mademoiselle de Sérent, alors âgée de 17 ans. Mais celle-ci meurt tragiquement en 1815 : s’étant parée pour se rendre à un bal, elle s’approche trop près de la cheminée ; les dentelles de sa robe prennent feu. Entièrement brûlée, elle décède dans la nuit.

    Un an plus tard, en 1816, le jeune veuf perd son père et devient duc de Rohan. Il décide alors d’entrer dans les ordres. En 1819, il entre au séminaire à Saint-Sulpice où il rencontre Victor Hugo. Ordonné prêtre en 1822, il est nommé archevêque d’Auch en 1828, puis archêque de Besançon en 1829. En 1830, il est fait cardinal. Mais à cause de la chute des Bourbon, le cardinal-duc de Rohan fuit le territoire français. Il part en Belgique, puis en Suisse. Il ne retourne dans son diocèse de Besançon qu’en 1832. Il y reste jusqu’à sa mort en 1833.


    Le château de La Roche-Guyon retourne dans la famille de La Rochefoucauld

    1797-1829, c’est la période pendant laquelle le château de La Roche-Guyon quitte la famille de La Rochefoucauld. En effet, nommé archevêque de Besançon en 1829, Louis François Auguste de Rohan-Chabot revend ses parts d’héritage à son cousin, François XIII de La Rochefoucauld, fils du célèbre La Rochefoucauld-Liancourt, fondateur de la première caisse d’épargne de France. Les descendants de cette famille habitent toujours le château.


    Le château sous la République

    Hormis la démolition de l’étage supérieur en 1890, le château n’a pas subi de remaniements notoires après la vente de 1829. Les châtelains se contentent de réaménager les appartements et d’organiser des visites privées pour redonner avec confort et brio une âme historique à leur demeure. Leurs invités admirent la ruine du donjon et la chambre d’Henri IV, se remémorant avec une certaine nostalgie les temps glorieux de la monarchie et du séjour des rois, à l’époque où la république se met en place.


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    La duchesse d’Enville avait fait construire une chapelle dans la Cour au Cerf. Le cardinal de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen la consacre en 1770. Mais dès 1806, le duc de Rohan rétablit l’usage de la chapelle troglodytique, celle de Sainte Pience et de Saint Nicaise.
    Au XIXè siècle, La Roche-Guyon attire les romantiques...
    Lamartine vient y passer la semaine sainte en 1819. Victor Hugo est lui aussi l’hôte du cardinal de Rohan en 1821. Il revient quatorze ans plus tard, séjour pendant lequel il ne loge pas au château, mais à l’auberge. L’un comme l’autre trouve dans La Roche-Guyon une atmosphère qui l’inspire et qu’il retranscrira dans son oeuvre.

    A partir du mois d’août 1940, le village est occupé. L’armée allemande est à La Roche-Guyon jusqu’au début de l’année 1941, après quoi seule une garnison reste en place.

    Le 17 mars 1943, les Allemands prennent possession du château pour y installer une DCA (Défense Civile Aérienne).

    En février 1944, le maréchal Rommel, commandant du groupe d’armées B, établit son quartier général au château de La Roche-Guyon. Personnage important de l’armée allemande, il commande à près de 500 000 hommes du Mur de l’Atlantique, de la Hollande à la Loire.

    Rommel à La Roche-Guyon

    Avec Rommel, près de 1500 soldats résident dans les environs de La Roche-Guyon. Les Allemands réquisitionnent les boves, aménagent ou creusent des casemates.

    Rommel s’installe dans le pavillon d’Enville. Il travaille dans le grand salon, dort dans la chambre de la princesse Zénaïde, bénéficie de l’immense collection d’ouvrages de la bibliothèque. Les propriétaires du château, quant à eux, occupent l’étage supérieur.

    La Roche-Guyon est alors un village bien surveillé... Cependant, pas de croix gammée au village, ni de salut hitlérien ! Rommel n’adhère pas aux théories nazies.

    La Roche-Guyon, théâtre d’une grande conspiration

    Militaire et fin stratège, Rommel sait d’ores et déjà que la défaite allemande est inévitable. Il souhaite mettre fin à la guerre et renverser le régime nazi. Mais il s’oppose à l’assassinat d’Hitler qui, selon lui, mènerait à la guerre civile. C’est ainsi qu’en février 1944 il entre en contact avec la résistance allemande. Le château de La Roche-Guyon devient le siège de rencontres secrètes. Il redevient un tant soit peu un lieu de liberté d’expression.

    Début juin 1944, les conspirateurs ont mis au point leur projet : ils vont négocier la paix avec les Alliés. Cependant, le 6 juin, ces derniers débarquent sur les plages normandes...

    Le Jour le plus long...

    Rommel n’est pas à La Roche-Guyon au moment du débarquement. Parti en permission l’avant-veille, il est en Allemagne auprès de sa femme qui fête son anniversaire.Il repart aussitôt organiser les armées et rejoint La Roche-Guyon dans la soirée. Il tente une dernière fois de convaincre le Führer de l’inutilité de la lutte, mais en vain...

    La Libération

    Le village est libéré le 18 août 1944. Mais l’aviation alliée, mal informée, bombarde le site : 64 bombes tombent sur le village, 8 sur le château. Les communs ne sont plus que ruines. Les façades sont éventrées, les toitures effondrées... Il faudra près de vingt ans de travaux pour que le château retrouve l’aspect qu’il avait avant-guerre !


    Commandant de l’Afrika Korps de février 1941 à février 1943, le maréchal Rommel arrive à La Roche-Guyon en février 1944. Hitler lui a confié le commandement des forces allemandes stationnées entre la Hollande et la Loire. Rommel est à ce moment clé un des personnages les plus importants du Reich. Mais il n'est pas pour autant partisan du nazisme...
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    L’occupation allemande a laissé des traces au château de La Roche-Guyon. Dans le secret de la falaise, à l’abri des regards et des bombardements, ont été aménagées des casemates.
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    Le 9 juin 1940, le pont de La Roche-Guyon explosait bombardé. Le village entier avait été secoué. Au Château, 1400 carreaux avaient volé en éclats. Des pierres détachées du donjon étaient venues transpercer les toitures du château en contre-bas.


     

    Source : http://www.chateaudelarocheguyon.fr/heading/heading14510.html

  • Château de Dampierre

    Château de Dampierre

    Château Dampierre-en-Yvelines
    Inscrit MH
    1928
    Matériaux
    Brique
    enduit
    Datation
    XVIe siècle - XIXe siècle

    Le premier manoir de Dampierre, propriété de la branche cadette de la maison de Chevreuse, est construit au XIIIe siècle. Acquis par Charles de Guise en 1551, le château est transformé par l'architecte Claude Foucques. Charles Honoré d'Albert de Luynes fait construire l'édifice actuel par Jules Hardouin-Mansart, de 1675 à 1685. Le dessin des jardins est inspiré des compositions de Le Nôtre. Au XIXe siècle, Honoré d'Albert, membre de l'Institut, commande à Félix Duban des modifications substantielles et Ingres réalise des peintures murales. Le domaine demeure la propriété de la famille de Luynes.

     

    Source : http://fr.topic-topos.com/chateau-dampierre-en-yvelines

  • Manoir de Buloyer

    Manoir de Buloyer

    Manoir de Buloyer Magny-les-Hameaux

    Matériau
    meulière
    Datation
    XVIIe siècle

    Buloyer, l'un des hameaux de la commune, possède un château mentionné dès le XVIIe siècle, dans lequel les reliques de saint Quentin sont cachées lors des guerres de religion. Relevant de Villepreux, le fief appartient en 1757 à M. Gallot, seigneur de Mesle. À la fin du XIXe siècle, le manoir est transformé en exploitation agricole. Aujourd'hui, le domaine est le siège de l'établissement public d'Aménagement de Saint-Quentin-en-Yvelines.

     

    Source : http://fr.topic-topos.com/manoir-de-buloyer-magny-les-hameaux

  • Château de Brouessy

    Château de Brouessy

    Château de Brouessy Magny-les-Hameaux
    Matériau
    enduit
    Datation
    XVIIIe siècle

    Construit à côté  d'une ferme qui existe depuis le XVIIe siècle, ce château est composé d'un corps central flanqué de deux pavillons. Il abrite au XXe siècle l'institut national de la Recherche agronomique.

     

    Source : http://fr.topic-topos.com/chateau-de-brouessy-magny-les-hameaux