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  • Château de Chenonceau

    Château de Chenonceau

     

    Château de Chenonceau

    Vue du château depuis les jardins de Catherine de Médicis
    Vue du château depuis les jardins de Catherine de Médicis

    Présentation
    Période ou style
    Début construction xve siècle
    Propriétaire actuel famille Menier
    Classement Monument historique (1840)
    Site internet Consulter
    Géographie
    Latitude
    Longitude
    47° 19′ 31″ Nord
    1° 04′ 13″ Est
    Pays France France
    Région Touraine
    Subdivision administrative Indre-et-Loire
    Subdivision administrative Centre
    Commune Chenonceaux
    Localisation
    Château de Chenonceau

    Localisation de l'édifice sur une carte
    ChâteauChâteau par pays

    Le château de Chenonceau est situé dans la commune de Chenonceaux en Indre-et-Loire (France). Il fait partie des châteaux communément appelés les châteaux de la Loire.

    Château meublé, décoré de rares tapisseries et peintures anciennes, fleuri à chaque saison, c'est le monument historique privé le plus visité de France, serti de plusieurs jardins d'agrément, un parc et un domaine viticole.

    La gare de Chenonceaux a été déplacée pour permettre un accès plus rapide au château, offrant ainsi une desserte attractive depuis Tours et Vierzon.

     

    Sommaire

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    Histoire [modifier]

    Le château de Chenonceau, construit sur leCher en Touraine (région CentreFrance). Cechâteau de la Loire fut bâti par Thomas Bohier et son épouse Katherine Briçonnet, mais c’est àCatherine de Médicis que l’on doit les galeries sur la rivière
    Plan du logis par Jacques Androuet du Cerceau

    Le château est édifié dans le lit du Cher, sur les piliers d'un pont devenu un moulin fortifié vers 1230 puis un château fort construit par la famille des Marques. À la fin du xve siècle, Pierre de Marques, alors en difficultés financières, est contraint de s'en séparer. Il est acquis en plusieurs parties par Thomas Bohier, secrétaire général des finances du roi François Ier, de 1496 à 1512. Le 8 février 1513, avec un dernier versement de 12 500 livres, Thomas Bohier en devient l'unique propriétaire. Il fait raser le vieux château-fort, à l'exception du donjon (la tour des Marques, adaptée en style Renaissance) et du puits qui le jouxte. Le corps de logis carré qui constitue le château originel est construit entre 1513 et 1521. Bohier étant occupé par la guerre, c'est surtout sa femme, Katherine Briçonnet, une tourangelle appartenant à une famille de grands financiers qui dirige les travaux et fait les choix architecturaux. C'est ainsi que, pour la première fois, les pièces sont réparties de chaque côté d'un vestibule central, ce qui facilite grandement le service. De même, autre nouveauté de Chenonceau: l'escalier en rampe droite, plus pratique et mieux adapté aux réceptions que l'escalier à vis.

    Thomas Bohier meurt en 1524. Il était receveur des finances puis intendant général des Finances de Charles VIIILouis XII, puis de François ler et avait pour devise : « S'il vient à point m'en souviendra ». Sa veuve meurt deux ans après, en 1526.

    À sa mort un contrôle des comptes publics met en évidence des malversations. François Ier impose alors une forte amende à ses héritiers (le roi réclame près de 190 000 livres tournois au fils de Thomas, Antoine) et confisque le domaine en 1535.

    Henri II l'offre à sa favorite Diane de Poitiers, jeune veuve du vieux maréchal de Brézé, duchesse de Valentinois. Elle fait aménager sur la rive droite du Cher, par Pacello da Mercoliano le jardin qui porte son nom et confie à son architecte ordinaire, Philibert de l'Orme ou Delorme - qui donna son nom à un célèbre type de charpente - le soin de construire un pont reliant le château à la rive gauche afin d'y créer de nouveaux jardins et d'accéder à de plus grandes chasses; ce pont faisait partie des plans originels des Bohier.

    La tombe de Louise Dupin dans la forêt de Chenonceau

    À la disparition de Henri II, mortellement blessé lors d'un tournoi en 1559 par le capitaine de sa garde écossaise Gabriel Ier de Montgomery,Catherine de Médicis, devenue régente, contraint sa rivale Diane de Poitiers, à restituer Chenonceau à la Couronne et à accepter en échange le château de Chaumont-sur-Loire, dominant la Loire, entre Blois et Amboise.

    Reine-mère après les accessions successives au trône de ses fils, François IICharles IX et Henri III, Catherine fait édifier sur le pont de Diane deux galeries superposées formant un espace de réception unique au monde, et donnant ainsi au château son aspect actuel.

    Louis XIV lors de sa visite le 14 juillet 1650, offre un grand portrait d'apparat qui est exposé dans le salon Louis XIV.

    L'histoire du château est marquée par les femmes qui en furent les propriétaires et les bâtisseuses, d'où son surnom de Château des Dames. Parmi elles, Louise de Lorraine épouse de Henri III dont la chambre, au second étage, porte le deuil de son mari assassiné en 1589. Elle vécut ainsi à Chenonceau jusqu'à sa mort, et fut entourée de religieuses qui avaient élu domicile à Chenonceau, le transformant en une sorte de couvent à la mort de Catherine. Une pièce est dédiée aux filles et belles-filles de Catherine de Médicis, la "chambre des Cinq Reines (Marie StuartMarguerite de France (la reine Margot), Louise de LorraineÉlisabeth d'Autriche et Élisabeth de France).

    Le plan du château retenu par Catherine de Médicis, mais qui ne verra jamais le jour.

    Au lendemain des fastes royaux de la Renaissance, Chenonceau retourne dans le domaine privé au fil de successions multiples et de mutations diverses.

    Claude Dupin, fermier général, acheta le château en 1733 au duc de Bourbon. Sa seconde femme, Louise Dupin, y tint salon et y reçut notamment VoltaireFontenelleMarivauxMontesquieuBuffon et Rousseau. C'est à Louise Dupin que l'on attribue la différence d'orthographe entre le nom de la ville (Chenonceaux) et celui du château (Chenonceau), bien qu'aucune source n'ait véritablement confirmé ce fait. Propriétaire du château pendant la Révolution française et grande amie des villageois - elle sauva la chapelle en la laissant être transformée en resserre à bois - elle voulut faire un geste pour différencier la Royauté, dont le château était un symbole fort, de laRépublique.

    En 1799, René Vallet de Villeneuve (né en 1777) hérite de sa grand-tante, Louise Dupin. Il y reçut notamment la visite du duc et de la duchesse d'Orléans en 1840, celle de George Sand petite-fille de Charles-Louis Dupin de Francueil et donc sa cousine, en 1842 ou encore celle de Gustave Flaubert et de son ami Maxime Du Camp en 1847 et celle d'Abd el-Kader en 1851.

    De février 1863 à 1864, le château fut la possession du comte Septime de Villeneuve et de la marquise douairière de la Roche-Aymon.

    Dorothée de Courlande, duchesse de Dino et nièce de Talleyrand, qui y fit halte vers 1840 en se rendant à celui de Saint-Aignan, a brièvement évoqué le château et son mobilier ds son journal.

    Photographie de la façade Nord du château en 1851.

    En mai 1864, les Villeneuve, après la création de la gare de Chenonceaux, vendirent le château et 136 hectares de terres pour 850 000 francs à Marguerite Pelouze, née Wilson, richissime héritière qui de 1867 à 1878 en confia la restauration à Félix Roguet ; parmi ses grands - et ruineux - travaux figurent le rétablissement dans son état initial de la façade d'entrée modifiée par Catherine de Médicis, la seconde volée de l'escalier, plusieurs cheminées de style Renaissance et la porte de la chapelle, à la sculpture de très grande qualité1.

    Certaines fresques intérieures sont dues au peintre, aquarelliste et illustrateur Charles Toché (Nantes,1851 - Paris,1916) que Paul Morandconnut à Venise en 1909: "personnage resté très Mac-Mahon; il continuait à peindre à fresque comme l'on peignait à Venise trois siècles auparavant (..) bel homme, il avait séduit la propriétaire de Chenonceaux, lui faisant donner des fêtes vénitiennes où erraient des gondoles amenées de la piazetta (...) il redescendait notre escalier en fredonnant quelque "Ombra adorata", frisant une moustache de reître à la Roybet". Le peintre, qui après des études d'architecture, avait séjourné cinq ans à Venise, copié les maîtres anciens et rencontré Edouard Manet, travailla dix ans à ces décors, et en 1887 il exposa à la galerie Georges Petit à Paris une série de cartons aquarellés de ces fresques allégoriques qui le firent connaître.

    C'est au château qu'il connut Gustave Flaubert, se lia d'amitié avec lui et illustra sa "Tentation de Saint-Antoine" (réf. base "Joconde" du ministère de la Culture, juillet 2009). Il exposa au Petit Palais à Paris en 1887, décora de fresques le théâtre de Nantes, ainsi - entre autres établissements parisiens - que Le Chabanais, célèbre maison close fréquentée par le prince de Galles, futur Edouard VII, où il tint table ouverte pendant un an, d'où le sobriquet de "Pubis de Chabanais" que lui donnèrent alors les élèves des Beaux-Arts...2.

    Dans l'été 1879 Mme Pelouze reçut dans son orchestre de chambre le jeune pianiste Claude Debussy, et en 1886 Toché amant de la châtelaine, organisa pour Jules GrévyPrésident de la République de 1879 à 1887, « une fête de nuit sur le Cher, avec reconstitution du Bucentaure entouré de gondoles » (Paul Morand, op.cit.) - dont témoigne encore une "Allégorie du Cher" où figure un gondolier (tapisserie de Neuilly, fin xixe siècle) exposée dans le vestibule du 2ème étage du château.

    Son frère Daniel Wilson (1840-1919), député radical d'Indre-et-Loire en 1869 et 1871, puis député de Loches (1876-1889), y reçut l'opposition républicaine locale; en octobre 1881 s'y déroula la réception de son mariage avec Alice Grévy. Il fut l'instigateur du "scandale des décorations" qui éclata le 7 octobre 1887 et entraîna en décembre la démission de Grévy.


    L'année suivante, le domaine est saisi à la demande des créanciers et racheté par le Crédit Foncier.

    Le 5 avril 1913, une vente judiciaire par adjudication le fait entrer pour 1 361 660 francs dans le patrimoine d'Henri Menier (1853-1913), homme de la grande bourgeoisie industrielle, mais il meurt en septembre, et son frère Gaston (1854-1934) en hérite et le transmet à ses descendants. Le château appartient toujours à la famille.

    Pendant la Première Guerre mondiale, comme d'autres châtelains français, Gaston Menier installa au château un hôpital militaire où 2 254 soldats blessés furent soignés.

    Durant la Seconde Guerre mondiale, l'édifice se retrouve à cheval sur la ligne de démarcation avec un côté en zone occupée et l'autre en zone libre. En 1944 une bombe tomba à proximité de la chapelle et détruisit les vitraux d'origine, remplacés ensuite par Max Ingrand.

    Le 9 novembre 1988, le prince Charles et son épouse lady Diana, pendant un séjour en France, visitent le domaine de Chenonceau. Le château fut fermé au public pour l'occasion.

    Architecture [modifier]

    Extérieur [modifier]

    La tour des Marques

    Le château présente en réalité deux parties :

    • Un donjon médiéval élevé sur la rive droite du Cher qui fut remanié au xvie siècle.
    • Un corps de logis renaissance batie sur la rivière elle-même, constituant l'essentiel du château.

    La Tour des Marques [modifier]

    La tour des Marques n'est autre que les restes de l'ancien château médiéval de la famille de Marques, rasé par Thomas Bohier. Cette tour correspond au donjon de l'ancienne bâtisse, et est constitué par une tour ronde, ainis que d'une tourelle abritant la cage d'escalier. Thomas Bohier va réhabiliter la tour en lui donnant un aspect plus moderne, dans le goût Renaissance, grâce au percement de larges fenêtres à meneaux et l'ajout d'un clocheton. Sur le côté, on peut encore apercevoir le puits, orné d'une chimère et d'un aigle, l'emblème de la famille Marques.

    Cette tour abrite aujourd'hui la boutique de souvenir, mais le public ne peut pas atteindre son sommet.

    Le logis Renaissance [modifier]

    Entrée du château

    Il est constitué d'un corps de logis carré de deux étages (plus un sous-sol) flanqué de tourelles d'angle, construit sur les puissance assises de l'ancien moulin bordant naguère la rive droite. Celui-ci est prolongé d'un corps de batiment de deux étages qui s'appuie sur la façade sud du logis, construit en 1560 par Philibert Delorme dans un style déjà presque classique, et reposant sur un pont de cinq arches enjambant le Cher. L'étage inférieur étant notamment occupé par une galerie.

    On accède au rez-de-chaussée du corps de logis principal par un escalier suivit d'un petit pont.

    Intérieur [modifier]

    L'entrée donne sur un vestibule central ouvrant sur quatre pièces de part et d'autre. D'un côté : une salle des Gardes, par laquelle on accède à une chapelle, la "chambre de Diane de Poitiers" et le "cabinet de travail de Catherine de Médicis". De l'autre : se trouve, une escalier donnant accès aux cuisines situées au sous-sol, la "chambre François Ier" et le "salon Louis XIV". Au bout du vestibule, on accède à la galerie inférieure.

    L'escalier, à doubles volées droites, est accessible derrière une porte qui se situe au milieu du vestibule d'entrée. Il permet d'accéder aux étages supérieurs s'ouvrant chacun sur un vestibule :

    • Le premier étage est constitué par le "vestibule Catherine Briçonnet", autour duquel se trouve quatre chambres : la "chambre des Cinq Reines", la "chambre de Catherine de Médicis" (au-dessus de son cabinet vert), celle de César de Vendôme, et celle de Gabrielle d'Estrées (favorite de Henri IV). Au fond de ce vestibule, se trouve là aussi une porte donnant aux pièces situées au-dessus de la galerie (cependant, celles-ci ne visitent pas) .
    • Le second étage comporte outre le vestibule, quatre pièces dont seul la "chambre de Louise de Lorraine" se visite.

    Vestibule [modifier]

    Vestibule du rez-de-Chaussée

    Le vestibule du rez-de-chaussée est couvert par un plafond en voûtes d'ogives dont les clefs, décalées les unes par rapport aux autres, forment une ligne brisée. Les corbeilles, réalisées en 1515, représente un ensemble de feuillages, de roses, de têtes d'anges, de chimères, et de cornes d'abondance. Au-dessus des portes, dans deux niches, sont sculptés Saint-Jean-Baptiste, patron de Chenonceau, et une Madone italienne dans le style de Lucca della Robia. Le mobilier du vestibule n'est composé que d'une table de chasse en marbre italien. Au-dessus de la porte d'entrée, un vitrail moderne, réalisé en 1954 par Max Ingrand et représentant la légende de Saint-Hubert.

    La salle des Gardes [modifier]

    Au-dessus de la porte en chêne du xvie siècle, on retrouve, sous la forme de leurs saints-patrons (Sainte-Catherine, et Saint-Thomas), les anciens propriétaires du châteaux, ainsi que leur devise: "S'il vient à point, me souviendra". Les plafonds, à solives apparentes, portent les deux C entrelacés de Catherine de Médicis. Le sol contient les vestiges d'une majolique du xvie siècle. La cheminée est ornée des armes de Thomas Bohier, tandis que les murs sont décorés d'une suite de tapisseries des Flandres du xvie siècle représentant la vie de château, une demande en mariage, ou encore une scène de chasse. Les coffres, gothiques et Renaissance, contenaient l'argenterie avec laquelle la cour se déplaçait.

    La Chapelle [modifier]

    Choeur de la Chapelle

    On pénètre dans la chapelle à partir de la Salle des Gardes, par une porte en chêne surmontée d'une statue de la Vierge. Ses vantaux représentent quant à eux le Christ et Saint-Thomas et reprennent les paroles de l'Évangile selon Saint-Jean: "Avance ton doigt ici", "Tu es mon Seigneur et mon Dieu". Les vitraux ayant été détruits en 1944, ils ont été remplacés par des œuvres de Max Ingrand en 1954. On observe dans la logia de droite, une Vierge à l'Enfant en marbre de Carrare par Mino da Fiesole. À droite de l'autel, une crédence ouvragée ornée de la devise des Bohier.

    Au mur, des peintures religieuses: "La Vierge au voile bleu" par Il Sassoferrato, "Jésus, prêchant devant Alfonso et Isabella" par Alonso Cano, "Saint-Antoine de Padoue" par Murillo, et "Assomption" par Jouvenet. Les murs portent également des inscriptions laissés par des gardes écossais de Marie Stuart: à droite, en entrant, datée de 1543: "La colère de l'Homme n'accomplit pas la justice de Dieu", et de 1546: "Ne soyez pas vaincus par le Mal".

    Dominant la nef, une tribune royale donnant sur la chambre des cinq reines au premier étage, datant de 1521.

    Cette chapelle fut sauvée pendant la révolution, Madame Dupin ayant eue l'idée d'en faire une réserve de bois.

    Chambre de Diane de Poitiers [modifier]

    Chambre de Diane de Poitiers

    La cheminée de Jean Goujon ainsi que le plafond portent les initiales de Henri II et de Catherine de Médicisentrelacées. Le "H" et le "C" forment par ailleurs malicieusement le "D" de Diane de Poitiers, la favorite de Roi. Lemobilier est composé d'un lit à baldaquin du xviie siècle, ainsi que de fauteuils en cuir de Cordoue. Sur la cheminée, on observe un portrait du xixereprésentant Catherine de Médicis, par Sauvage. À gauche de la fenêtre, une "Vierge à l'enfant", par Murillo. À droite de la cheminée, une toile de l'école italienne du xviie siècle représentant "Le Christ dépouillé de ses vêtements", par Ribalta. Sous ce tableau sont conservées les archives de Chenonceau dont un exemplaire exposé permet de reconnaitre les signatures de Thomas Bohier et Catherine Briçonnet.

    Sur les murs, deux tapisseries des Flandres du xvie siècle, représentant "Le Triomphe de la Force" (Montée sur un char tiré par deux lions, et environné de scènes de l'ancien testament. Dans la bordure supérieure, la phrase latine se traduit par "Celui qui aime de tout son cœur les dons célestes, ne recule pas devant les actes que la piété lui dicte"), ainsi que "Le Triomphe de la Charité" (Figée sur un char, tenant dans ses mains un cœur et montrant le soleil, entouré d'épisodes bibliques. La devise latine se traduit par: "Celui qui montre un cœur fort dans les périls, reçoit à sa mort, comme récompense, le Salut".

    Cabinet Vert [modifier]

    Le cabinet Vert est le cabinet de travail de Catherine de Médicis, pendant sa régence. On distingue sur le plafond les deux C entrelacés. Dans cette pièce est exposée une tapisserie deBruxelles dite "à l'Aristoloche", à la fois gothique et Renaissance. Sa couleur verte d'origine a viré au bleu. Son thème est inspiré de la découverte des Amériques, et représente une faune et une flore exotique: faisans argentés du Pérouananasorchidéesgrenades, et végétaux inconnus en Europe.

    Deux cabinets italiens du xvie siècle sont disposés à côté de la porte. Au mur, une collection de tableaux, dont:

    • La Reine de Saba, et Portrait d'un doge, par Le Tintoret,
    • Silène ivre, par Jordaens,
    • Samson et le lion par Golsius,
    • Jésus chassant les marchands du temple d'après3 Jouvenet,
    • Scène allégorique peinte sur métal par Spranger,
    • Étude de tête de femme par Véronèse,
    • La fuite en Égypte par Poussin,
    • L'Enfant aux fruits par Van Dyck.

    Librairie [modifier]

    Plafond de la librairie

    Cette ancienne bibliothèque de Catherine de Médicis donne une vue sur le Cher. Le plafond en bois de chêne à caissons datant de 1525, de style italien, avec de petites clefs pendantes, et l'un des premiers de ce type connu en France. Il porte les initiales TBK, en référence aux Bohier.

    Au-dessus de la porte, on observe une "Sainte-Famille", d'après Andrea del Sarto4. Sont conservées dans cette pièce des œuvres telles qu'une "Scène de la vie de Saint-Benoît", par Bassano, "Une martyre" par Le Corrège, "Héliodore" par Jouvenet, ainsi que deux médaillons "Hébé et Ganymède, les échansons des dieux, enlevés vers l'Olympe" de l'école française du xviie siècle.

    Galerie [modifier]

    Galerie du Rez-de-Chaussée

    La galerie de Chenonceau, longue de 60 mètres, large de 6 mètres, et comportant 18 fenêtres, possède un sol carrelé de tuffeau d'ardoise, ainsi qu'un plafond à solives apparentes. Elle servait de salle de Bal et fut inaugurée en 1577 lors des fêtes données par Catherine de Médicis et son fils Henri III à Chenonceau. À chaque extrémité, deux cheminées Renaissance, dont l'une n'est qu'un décor entourant la porte sud qui mène à la rive gauche du Cher.

    Les médaillons sur les murs furent rajoutés au xviiie siècle et représentent des personnages célèbres.

    Cuisines [modifier]

    Réféctoire des cuisines

    Les cuisines sont installées au sous-sol auquel on accède par un escalier situé entre la galerie et la Chambre de François Ier. Elles été aménagées dans les piles assises du moulin ayant précédé le château qui forme un énorme soubassement. Elles sont composées de plusieurs salles, dont l'Office, salle basse aux deux voûtes en croisées d'ogives comportant une cheminée qui est la plus grande du château. À côté se trouve le four à pain. L'Office dessert la salle à manger du personnel du château, la boucherie dans laquelle sont exposés les crochets pour suspendre le gibier et les billots pour les dépecer, ainsi que le garde-manger. Un pont se tient entre l'Office et la cuisine à proprement parler. Le mobilier du xvie siècle a été remplacé pendant la Première guerre Mondiale en un équipement plus moderne, pour soutenir les besoins de l'hôpital.

    Un quai de débarquement permettait d'amener directement des marchandises dans la cuisine. Il est appelé selon la légende, le "Bain de Diane".

    Chambre de François Ier [modifier]

    La cheminée monumentale de la chambre de François Ier

    Cette chambre contient la plus belle cheminée du château (refaite au XIXème - les trois niches à "baldaquins" furent ornées de statues). Sur son manteau est inscrit la devise de Thomas Bohier, faisant écho à ses armes représentées sur la porte. Le mobilier se compose de trois crédences françaises du xve siècle et d'un cabinet italien du xvie siècle, incrusté de nacre et d'ivoire gravée à la plume, offert à François II et Marie Stuart pour leur mariage.

    Sur les murs sont exposés un "Portrait de Diane de Poitiers en Diane chasseresse" par Le Primatice, qui l'a réalisé à Chenonceau en 1556, des toiles de Mirevelt, Ravenstein, un autoportrait de Van Dyck, un portrait de "Gabrielle d'Estrées en Diane Chasseresse" par Ambroise Dubois5, "Archimède" par Zurbaran, "Deux évêques" issus de l'école allemande du xviie siècle, ainsi que "Les trois Grâces" par Carle van Looreprésentant les trois maîtresses de Louis XV.

    Salon Louis XIV [modifier]

    Salon Louis XIV

    Ce salon porte le souvenir d'un séjour de Louis XIV à Chenonceau le 14 juillet 1650. Celui-ci offrit à son oncle le duc de Vendôme son portrait par Rigaud, avec son cadre réalisé par Lepautre, composé seulement de quatre énormes pièces de bois, ainsi que le mobilier recouvert de tapisseries d'Aubusson et une console de style Boulle.

    La cheminée Renaissance est ornée de la Salamandre et de l'Hermine, en référence au roi François Ier et à sa femme Claude de France. La corniche entourant le plafond à solives apparentes porte les initiales de Bohier.

    Au-dessus de la console, "L'enfant Jésus et Saint-Jean-Baptiste" par Rubens, acheté en 1889 à la vente de la collection du roi d'Espagne Joseph Bonaparte. Le salon possède également une collection de portraits du xviiie siècle français dont un "Portrait du roi Louis XV" par Van Loo, "Princesse de Rohan" et "Madame Dupin" par Nattier, "Portrait de Chamillard, ministre de Louis XIV" ainsi que "Portrait d'homme" par Netscher, "Portrait de Philippe V d'Espagne" par Ranc, et "Portrait de Samuel Bernard" par Mignard.

    L'escalier [modifier]

    Descente d'escalier

    Une porte en chêne du xvie siècle donne l'accès à l'escalier. Il s'agit d'un des premiers escaliers droits, (rampe sur rampe) construit en France sur le modèle italien. Il est couvert d'une voûte rampante à nervures se coupant à angles droits. Les caissons sont ornés de figures humaines, de fruits et de fleurs (certains motifs ont été martelés à la Révolution).

    Les vantaux sculptés représentent l'Ancienne Loi, sous la forme d'une femme aux yeux bandés munie d'un livre et d'un bâton de pèlerin, et la Loi Nouvelle, au visage découvert et tenant une palme et un calice. L'escalier est coupé d'un palier formant deux loggias à balustrades donnant une vue sur le Cher. Au-dessus de l'une d'entre elle, un médaillon ancien représentant un buste de femme aux cheveux épars.

    Vestibule de Catherine Briçonnet [modifier]

    Le vestibule du premier étage est pavé de petits carreaux de terre cuite timbrés d'une fleur de lys traversée par une dague. Le plafond est à solives apparentes. Au-dessus des portes sont disposés des médaillons de marbres rapportés d'Italie par Catherine de Médicis sur lesquels figurent les empereurs romains Galba, Claude, Germanicus, Vitellius et Néron. La suite de six tapisseries d'Audenarde du xviie siècle représentent des scènes de chasses et de pique-nique d'après des cartons de Van der Meulen.

    Chambre de Gabrielle d'Estrées [modifier]

    chambre de Gabrielle d'Estrées

    Le plafond à solives apparentes, le sol, la cheminées et le mobilier sont Renaissance. On observe, près du lit à baldaquin, une tapisserie des Flandres duxvie siècle. Les autres murs sont ornés d'une suite de tapisseries dite "Les mois Lucas" dont "Juin, le signe du Cancer, la tonte des moutons", "Juillet, le signe du lion, la chasse au faucon", et "Août, le signe de la vierge, la paye des moissonneurs". Leurs cartons sont de Lucas de Leyde ou Lucas van Nevele.

    Au-dessus du cabinet est exposée une toile de l'école florentine du xviie siècle représentant "Sainte-Cécile", patronne des musiciens. Au-dessus de la porte, on peut admirer, "l'Enfant à l'agneau" de Francisco Ribalta.

    Chambre des cinq reines [modifier]

    Chambre des cinq reines

    Cette chambre rend hommage aux deux filles et aux trois belles-filles de Catherine de Médicis : la reine MargotÉlisabeth de FranceMarie StuartÉlisabeth d'Autriche, et Louise de Lorraine. Le plafond à caissons du xvie siècle arbore en effet les armoiries des cinq reines.

    Sur les murs, on peut voir une suite de tapisseries des Flandres du xvie siècle représentant le siège de Troie et l'enlèvement d'Hélène, les jeux du cirque dans le Colisée, et le couronnement du roi David. Une autre tapisserie évoque un épisode de la vie de Samson. Le mobilier se compose d'un lit à baldaquin, de deux crédences gothiques surmontées de deux têtes de femmes en bois polychrome et d'un coffre de voyage clouté.

    Aux murs sont exposés "L'adoration des mages", étude pour le tableau conservé aujourd'hui au musée du Prado, par Rubens, "Portrait de la duchesse d'Olonne" de Mignard, ainsi qu'un "Apollon chez Admète l'argonaute", dû à l'école italienne du xviie siècle.

    Chambre de Catherine de Médicis [modifier]

    Chambre de Catherine de Médicis

    La chambre de Catherine de Médicis est meublée d'un ensemble du xvie siècle ainsi que de tapisseries des Flandres du xvie siècle retraçant la vie de Samson, remarquables par leurs bordures peuplées d'animaux symbolisant des proverbes et des fables comme l'écrevisse et l'huitre, ou l'habileté est supérieure à la ruse. La cheminée et le sol de tomettes sont Renaissance.

    Dominant la pièce, une peinture sur bois: L'éducation de l'amour par Le Corrège.

    Cabinet des estampes [modifier]

    Gravure de 1850

    Ces petits appartements, ornés d'une cheminée du xviiie siècle dans la première pièce, d'une autre du xvie siècle dans la seconde, abritent une collection de dessins et de gravures représentant le château de Chenonceau, qui s'étend de 1560 pour le plus ancien, au xixe siècle.

    Chambre de César de Vendôme [modifier]

    Cheminée peinte de la chambre de César de Vendôme

    Le plafond à solives apparentes est soutenu par une corniche décorée de canons. La cheminée Renaissance fut peinte au xixe siècleaux armes de Thomas Bohier. La fenêtre ouvrant à l'ouest est encadrée par deux cariatides de bois du xviie siècle. Les murs sont tendus d'une suite de trois tapisseries de Bruxelles du xviie siècle illustrant le mythe antique de Déméter et Perséphone: Le voyage de DéméterPerséphone aux enfersDéméter donne les fruits aux humains, et Perséphone revenant passer six mois par an sur la terre.

    On observe aussi à gauche de la fenêtre, en face du lit à baldaquin du xvie siècle, un portrait de Saint-Joseph par Murillo.

    Vestibule du second étage [modifier]

    Vestibule du second étage

    On peut voir dans ce vestibule les traces de la restauration menée au xixe siècle par l'architecte Roguet, disciple de Viollet-le-Duc. Sur le mur, une tapisserie de Neuilly du xixe siècle symbolisant le Cher, sur laquelle figure une gondole vénitienne, en référence à la gondole que fit transporter jusqu'à Chenonceau, Marguerite Pelouze, propriétaire au xixe siècle pour y organiser la "fête vénitienne" offerte à Jules Grévy en 1886, évoquée par Paul Morand. Les deux crédences et le pavage au sol sont Renaissance.

    Chambre de Louise de Lorraine [modifier]

    Chambre de Louise de Lorraine

    La chambre de Louise de Lorraine, reflète le deuil de la femme d'Henri III. On y remarque la couleur noire dominante des lambris, les peintures macabres, le prie-dieu tourné vers la fenêtre et les décorations religieuses évoquant le deuil.

    Louise est alors entourée de religieuses qui vivent à Chenonceau comme dans un couvent. Elle est toujours vêtue de blanc, comme le veut la tradition pour une veuve de roi de France. Elle sera d'ailleurs surnommée la reine blanche.

    Sa chambre a pu être reconstituée à partir du plafond d'origine, orné de larmes d'argent, de cordelières de veuves, de couronnes d'épines et de la lettre λ, lambda, initiale de Louise de Lorraine, entrelacée du H de Henri III. L'atmosphère pieuse de la pièce est soulignée par le Christ à la couronne d'épines et d'une scène religieuse peinte sur bois du xvie siècle qui orne la cheminée.

    Jardins [modifier]

    On compte deux jardins principaux : le jardin de Diane de Poitiers et le jardin de Catherine de Médicis, situés de part et d'autre de la Tour des Marques, vestige des fortifications précédant l'édification du château actuel.

    Le jardin de Diane de Poitiers, dont l'entrée est commandée par la maison du Régisseur : la Chancellerie, construite au xvie siècle ; au pied de laquelle se trouve un embarcadère, agrémenté d'une vigne, accès indispensable à toute promenade sur le Cher. En son centre se trouve un jet d'eau, décrit par Jacques Androuet du Cerceau dans son livre Les plus excellents bastiments de France (1576). D'une conception surprenante pour l'époque, le jet d'eau jaillit d'un gros caillou taillé en conséquence et retombe "en gerbe" vers un réceptacle pentagonal de pierre blanche.

    Ce jardin est protégé des crues du Cher par des terrasses surélevées depuis lesquelles on a de beaux points de vue sur les parterres de fleurs et le château.

    Le jardin de Catherine de Médicis est plus intime, avec un bassin central, et fait face au côté Ouest du château.

    La décoration florale des jardins, renouvelée au printemps et en été, nécessite la mise en place de 130 000 plants de fleurs cultivés sur le domaine.

    La paire de sphinx du xviiie siècle encadrant l'allée d'honneur proviendrait du château de Chanteloup à Amboise, ancien domaine du duc de Choiseul.

    Compléments [modifier]

    Liens externes [modifier]

    Bibliographie [modifier]

    Iconographie [modifier]

    Le château et les jardins
    Intérieur du château
  • Château de Versailles

    Le château de Versailles fut la résidence des rois de France Louis XIVLouis XV et Louis XVI. Résidence royale, ce monument compte parmi les plus remarquables de France et du monde tant par sa beauté que par les événements dont il fut le théâtre. Le roi et la cour y résident de façon permanente du 6 mai 1682 au 6 octobre 1789 à l'exception des quelques années de la Régence. Il est situé au sud-ouest de Paris, dans la ville de Versailles en France. Ce château est devenu un symbole de l'apogée de la royauté française. La grandeur des lieux se voulait à l'image de celle des rois successifs.

    Le château est constitué d'une succession d'éléments ayant une harmonie architecturale. Il s'étale sur 67 000 m² et comprend plus de 2 000 pièces.

    Le parc du château de Versailles s'étend sur 815 ha (8 000 avant la Révolution) dont 93 ha de jardins. Il comprend de nombreux éléments dont le petit et le grand Trianon, le hameau de la Reine, le grand et le petit Canal, une ménagerie, une orangerie et la pièce d'eau des Suisses.

    Aujourd'hui

    Présentation architecturale et artistique

    Le château de Versailles constitue un témoin exceptionnel de l'art français aux XVIIe et xviiie siècle. L'architecture reprend les canons du classicisme : la symétrie du plan, les façades à colonnades, l'inspiration antique ou mythologique dans le choix des sujets sculptés. Quelques touches baroquesapportent un peu de fantaisie à cette rigueur classique.

    L'implantation de ce monumental ensemble architectural crée une barrière entre la ville et le domaine. Selon le souhait de Le Nôtre, afin de ménager ses effets, on ne devait rien voir de la ville depuis les jardins et rien deviner des jardins depuis la ville.

    Le château reste attaché à la figure de Louis XIV (1638-1715) mais ce fait ne doit pas occulter que sa construction et ses aménagements dépassent largement le cadre du règne du Roi-Soleil.
    Le cœur du château est formé par l'édifice primitif qui remonte au temps de Louis XIII, le père de Louis XIV. Il tranche avec les autres parties par ses murs bicolores (brique et pierre) et son haut toit d'ardoises.
    Ce « château vieux » est en partie enveloppé dans une construction plus récente, édifiée par les architectes Le Vau et d'Orbay sur l'ordre de Louis XIV en 1668. Côté jardins, cette partie présente une façade à l'ordonnance classique à trois étages. Le deuxième niveau (occupé par la galerie des Glaces) est éclairé par de hautes fenêtres encadrées par des colonnes engagées ou des pilastres. Des pilastres que l'on retrouve au dernier étage, de hauteur moindre. Au sommet du bâtiment, une balustrade cache le toit très aplati (toit à la Mansart).
    Le « château vieux » et le « château neuf » forment un plan grossièrement en U. Deux longues ailes prolongent au nord et au sud ce premier ensemble. Construites par un autre architecte,Jules Hardouin-Mansart, elles reprennent pourtant les grandes lignes de l'enveloppe de Le Vau.

    L'intérieur du château est notamment occupé par les grands appartements. Ceux-ci comprennent le grand appartement du roi, l'appartement de la reine et la galerie des Glaces. Les appartements correspondent à des enfilades de salons magnifiquement décorés jusqu'aux plafonds par les artisans de Charles Le Brun.
    Longue de 73 m, la galerie des Glaces se veut la salle la plus majestueuse du château. Elle s'ouvre d'un côté sur le jardin tandis que l'autre est couvert de dix-sept panneaux de miroirs.
    Aux grands appartements répondent les petits appartements. On y trouve des pièces plus intimes que les grandes salles d'apparat. Louis XV y conviait à souper ses proches et Louis XVIy installa sa petite forge de serrurier. Les appartements ne sont pas toujours dans leur configuration d'origine, c'est-à-dire du temps de Louis XIV. L'appartement de la reine se présente par exemple dans son état de 1787 quand Marie-Antoinette l'habitait.

    En plus de ces bâtiments résidentiels, le château est complété par la chapelle et l'opéra. Dans la chapelle, élevée entre 1689 et 1710, les rois assistaient à la messe quotidienne. L'opéra, inauguré en 1770, est l'un des derniers édifices construits du château.

    Quelques chiffres

    Le château de Versailles est géré depuis 1995 par l’établissement public du musée et du domaine National de Versailles, dont le président actuel est Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture. Cet établissement public emploie 900 personnes, dont 400 affectés à la surveillance. Il reçoit 3 millions de visiteurs par an dans le château et 7 millions dans le parc. 70% des visiteurs sont des étrangers.

    Bassin de Latone

    Il comprend trois châteaux : Versailles, Grand Trianon et Petit Trianon, ainsi que plusieurs bâtiments situés en ville : grande et petite écuries, Hôtel des Menus PlaisirsSalle du Jeu de paume, le Grand Commun.

    Le château de Versailles compte 700 pièces, 2 513 fenêtres, 352 cheminées (1 252 sous l’ancien régime), 67 escaliers, 483 miroirs (répartis dans la Grande galerie, le salon de la Guerre et le salon de la Paix) et 13 hectares de toitures. La superficie totale est de 67 121 m² dont 50 000 sont ouverts au public. Le château compte aussi 51 210 m² de planchers.

    Le parc couvre 800 hectares, dont 300 ha de forêt, et deux jardins à la française : le Petit Parc (80 ha) et le Trianon (50 ha). Il compte 20 km de murs de clôture et 42 km d’allées, ainsi que 372 statues.

    Parmi les 55 bassins, les plus grands sont le Grand Canal (23 ha et 500 000 m³), et la pièce d’eau des Suisses (180 000 m³). On compte 600 jets d’eau et 35 km de canalisations.

    Sa construction au temps de Louis XIV nécessita des milliers d'ouvriers (un maximum de 36 000 sur une année). Il coûta un peu moins de 100 millions de livres. Cette dépense, très importante, est à mettre en perspective avec le coût d'une campagne militaire de l'époque, beaucoup plus onéreuse.

    Les programmes de restauration

    Un programme de rénovation, le « projet du Grand Versailles », a été lancé en 2003. Doté d’une subvention de l’État de 135 millions d’euros pour les sept premières années, il s’étalera sur 17 ans et concernera l’ensemble du domaine, château et parc. Les trois objectifs principaux sont de sécuriser le château, poursuivre les restaurations et créer de nouveaux espaces pour l’accueil du public.

    À côté de l’État de nombreux mécènes financent les restaurations. Leurs contributions représentent 5% du budget de l’établissement public. Ainsi la fondation « American Friends of Versailles » vient de donner 4 millions de dollars (soit les 2/3 du coût total)

    La Grille Royale reconstituée.

    pour la restauration du « bosquet des trois fontaines », inauguré en juin 2004, et la société Vinci finance celle de la galerie des Glaces à hauteur de 12 millions d’euros. Les travaux ont commencé en 2004 et se sont terminés en 20071.

    Les restaurations entreprises depuis 2003 créent parfois des polémiques. Certains amoureux du château reprochent à l'administration de l'Établissement public et aux architectes en chef des Monuments historiques de vouloir gommer les ajouts et les aménagements de Louis-Philippe auxixe siècle2, tel que la reconstitution de la "grille royale" qui séparait la "Cour d'honneur" de la "Cour royale" (inaugurée le 9 juillet 2008). Cette reconstitution à nécessité la dépose de la statue équestre de Louis XIV qui ornait la cour d'honneur. Cette dernière a fait l'objet d'une restauration, elle a été remontée sur la place d'armes, en face du château.

    Les musées

    Les musées du château de Versailles furent créés en 1837 par Camille Bachasson, comte de Montalivet sur ordre de Louis-Philippe sous le nom de « Musée d’Histoire de France ».

    Le château vu du sud-ouest.

    Ils constituent, avec leurs 18 000 m² le plus grand musée d’histoire du monde. Le musée contient une collection de tableaux rassemblés ou commandés par Louis-Philippe, et organisés en séries historiques. Pour les exposer, certains appartements ont été transformés en salles de musée.

    À l’heure actuelle, le musée d’histoire de France se situe dans les ailes, tandis que la partie centrale (à l’exception du rez-de-chaussée), contenant les Grands Appartements, les appartements privés et ceux de la famille royale ont été restaurés tels qu’ils étaient lorsqu’ils étaient occupés.

    Spectacles

    Tous les ans, durant l'été dans les jardins du château, retrouvez les Grandes Eaux Musicales, les Grandes Eaux Nocturnes ainsi que les Fêtes de Versailles.

    • en 2005Voyage aux Indes Galantes de Bartabas
    • en 2006Les Noces de l'enfant roi de Alfredo Arias (texte de Chantal Thomas, musique des Rita Mitsouko et scénographie de Roberto Plate) qui raconte l'histoire de l'infante Marie-Anne-Victoire, fille du roi d'Espagne venue en France pour épouser le futur Louis XV3
    • en 2007Concert électroLe Lac des cygnes par l'English National Ballet et La Face Cachée du Soleil par le Groupe F
    • en 2008, un Hommage à Maurice Béjart, la reprise de La Face cachée du Soleil par le Groupe F et une création Les Juments de la Nuit par Bartabas.

    Évènements

    La « fête nationale » de l'Ordre de Malte se déroule le jour de la Saint Jean Baptiste, c'est-à-dire le 24 juin4. À cette occasion en France, les membres de l'OHFOM se réunissent tous les ans au château de Versailles4 .

    Une exposition de l'artiste Jeff Koons a été organisée du 10 septembre 2008 au 4 janvier 2009 dans les grands appartements et la galerie des Glaces. C'est la première rétrospective consacrée en France à cet artiste américain5. Cette exposition a été critiquée en raison de son aspect moderne et parce que jugé incongrue par rapport au cadre du château.

    Direction de l'établissement

    Jusqu'en 2003, le domaine de Versailles est dirigé par un scientifique, spécialiste du XVIIe siècle. Depuis lors, la direction est confiée à des administratifs, en relation avec leur engagement politique.

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    Aux origines du lieu

    C'est en 1038 qu'apparaît la première mention de Versailles, dans une charte de l’abbaye Saint-Père de Chartres. Hugo de Versaillis est l’un des signataires. Au xe siècle, des moines défrichent le terrain et fondent l’église prieuré de Saint-Julien.

    En 1429, deux seigneurs, Guy et Pierre de Versailles, sont mêlés à la vie de Jeanne d’Arc. Pierre était à Bourges, quand on examina la Pucelle; quant à Guy, chanoine de Tours, il participa au procès de Jeanne d’Arc. À la fin de la guerre de Cent Ans, le petit bourg se présentait dans un triste état: ses maisons pillées et dévastées sont abandonnées, et le château est en ruine. C’est la famille de Soisy qui relève les bâtiments détruits, composés d’un corps de logis principal et d’une aile en retour, précédés d’un portail encadré de deux tourelles.

    Le nom d’un petit bourg, Versaille-aux-bourg-de-Galie, apparaît dans un texte daté de 1472. Les seigneurs de Versailles relevaient directement du Roi. Leur modeste château dominant l’église et le village se dressait sur la pente méridionale de la butte sur laquelle sera construit le futur château.

    En 1475, Gilles de Versailles, seigneur de Versailles, cède ses droits sur Trianon à l’abbé de Saint-Germain. L’acte de vente est la première mention de ce nom. Trianon était un village acheté puis détruit par Louis XI dans le but de construire sur ces nouvelles terres du domaine royal une maison à collationner. Cherchant à fuir en famille le protocole trop pesant de Paris, le roi était à Trianon plus proche des siens. Premier caprice royal de Versailles, Trianon, comme plus tard Marly, demeure un lieu de détente, loin de l’étiquette et des fatigues du pouvoir.

    En 1561, le domaine est vendu à Martial de Loménie, secrétaire des finances de Charles IX, qui l’agrandit pour atteindre 150 hectares.

    En 1572 : le 24 août, Loménie est assassiné lors de la nuit de la Saint-Barthélemy. L’Estoile rapporte dans ses Mémoires que la reine Catherine de Médicis « fit étrangler, dans l’intérêt du comte de Retz, pour lui faire avoir le château de Versailles, le secrétaire d’État Loménie, qui en était possesseur. » Ce crime n’est peut-être pas authentique, mais il n’est pas invraisemblable.

    L'année suivante, Albert de Gondi (baron de Marly), comte de Retz, un des Florentins qui accompagnent Catherine de Médicis en France, devient propriétaire du château et de la seigneurie de Versailles en rachetant le domaine pour 35 000 livres.

    En 1589, un mois avant qu’il ne devienne roi de France, le roi de Navarre séjourne à Versailles. Revenant de Blois, il s’y arrête du 7 au 9 juillet et est reçu par Albert de Gondi ; il y retourne en 1604 et 1609. Entre temps, en 1607, le dauphin, qui deviendra Louis XIII, fait sa première chasse à Versailles.

    En 1616, Albert de Gondi cède la seigneurie à son fils Jean-François de Gondi.

    Versailles sous l'Ancien Régime

    Les origines du château : Louis XIII

    le Vieux Château

    Plan d'ensemble du premier château en 1623

    En 1623Louis XIII, le père de Louis XIV, fit construire au milieu des forêts et au sommet d’une butte cernée par des marais insalubres, un modeste logis en brique, pierre et ardoise. S’il constituait son rendez-vous de chasse favori, il ne formait pourtant qu’une construction rustique et purement utilitaire. La disposition de ses pavillons, et des fossés qui l’entouraient, rappelait encore certaines constructions féodales.

    Louis XIII fit bâtir cette nouvelle habitation sur un terrain qu’il acheta à Jean de Soisy, dont la famille était propriétaire depuis le xive siècle. Dans sa petite demeure, Louis XIII recevait de temps à autre sa mère Marie de Médicis et son épouse Anne d’Autriche. Elles ne faisaient qu’y passer sans jamais y coucher .

    Le premier "château" de Versailles s’élevait au fond de l’actuelle cour de marbre. Le corps de logis principal mesurait 24 mètres de long sur six de profondeur et se limitait de chaque côté à deux ailes basses. L’appartement du roi comprenait une petite galerie où était accroché un tableau représentant le siège de La Rochelle. Puis, venaient quatre pièces dont les murs étaient couverts de tapisseries. La chambre du roi occupait le centre de l’édifice, emplacement qui correspondra par la suite avec celui du lit de Louis XIV.

    Le 11 novembre 1630, le cardinal de Richelieu se rendit secrètement à Versailles dans le but de convaincre le roi qu’un complot était fomenté par la reine-mère. Cet évènement sera connu, plus tard, sous le nom de Journée des Dupes. Richelieu resta Premier ministre et la reine-Mère fut exilée.

    En effectuant des fouilles dans la cour du Grand Commun, une équipe de l'Inrap a exhumé les vestiges du jeu de paume de Louis XIII6. La découverte est unique. Louis XIII, grand amateur du jeu de paume, ajouta vers 1630 à sa gentilhommière un court. Construit par Philibert Leroy, il se présente sous la forme d'un grand bâtiment rectangulaire de 33 m par 14 ; avec des murs latéraux de 1,30 m d'épaisseur. La présence de trois galeries indique qu'il s'agit d'un jeu "en dedans". Le sol est revêtu de carreaux en pierre de taille et probablement précédé d'un sol de carreaux en terre cuite. La maison du paumier (celui qui entretient, gère et anime la salle de jeu) a été aussi retrouvée.

    1631-1634 Premier agrandissement

    Le 8 avril 1632, Louis XIII rachetait le domaine de Versailles à Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, oncle du cardinal de Retz et héritier d’Albert. Voici un extrait de ce dernier contrat de vente :

    « Le 8 avril 1632, fut présent l’illustrissime et révérendissime Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, seigneur de Versailles, reconnoît avoir vendu, cédé et transporté... à Louis XIII, acceptant pour Sa Majesté, messire Charles de l’Aubespine, garde des sceaux et chancelier des ordres du roi, et messire Antoine Rusé, marquis d’Effiat, surintendant des finances, etc., la terre et seigneurie de Versailles, consistant en vieil château en ruine et une ferme de plusieurs édifices ; consistant ladite ferme en terres labourables, en prés, bois, châtaigneraies, étangs et autres dépendances ; haute, moyenne et basse justice... avec l’annexe de la grange Lessart, appartenances et dépendances d’icelle, sans aucune chose excepter, retenir, ni réserver par ledit sieur archevêque, de ce qu’il a possédé audit lieu de Versailles, et pour d’icelle terre et seigneurie de Versailles, et annexe de la grange Lessart, jouir par Sadite Majesté et ses successeurs rois, comme de choses appartenantes. Cette vente, cession et transport faits, aux charges et devoirs féodaux seulement, moyennant la somme de soixante-mille livres tournois, que ledit sieur archevêque reconnoît avoir reçues de Sadite Majesté, par les mains de..., en pièces de seize sous, de laquelle somme il se tient content, en quitte Sadite Majesté et tout autre, etc. »

    — Architexture françoise, par Blondel, liv. VII, p. 93

    Plan d'ensemble du Vieux Château en 1638

    Le Roi ne fit l’acquisition de ce château que pour le démolir et ainsi étendre le panorama de la résidence royale. D’après la tradition, au sommet du plateau de Versailles, à la place même du château actuel, se dressait un moulin à vent : un meunier régnait où régna Louis XIV. Dans le même temps, le roi acheta de nouveaux terrains et étendit ses terres de chasse. Le pavillon bâti à la hâte sur les terres de Jean de Soisy, devenait étriqué.
    Il paraitrait que les dessins originaux du palais et des jardins aient été inspirés de ceux du château des Ducs de Savoye de la Venaria (près de Turin), dont les projets italiens furent volés et portés à Paris une nuit. Le 26 mai débutèrent des travaux d’agrandissement qui furent dirigés par l’ingénieur-architecte Philibert Le Roy.

    Les façades est du château de Louis XIII autour de la "Cour de Marbre"

    Les travaux furent achevés en 1634 et Louis XIII prit possession de ses nouveaux appartements.

    À partir de 1636, le roi multiplia ses séjours et profita du confort de sa nouvelle maison ainsi que de l’agrément de ses jardins. Le nouveau château reçut sa première décoration florale ; les jardins furent agencés "à la française" par Boyceau et Menours, décorés d’arabesques et d’entrelacs.

    En 1643, sentant sa mort approcher, Louis XIII déclara : « Si Dieu me rend la santé, sitôt mon dauphin en âge de monter à cheval et en âge de majorité je le mettrai à ma place, et me retirerai à Versailles avec quatre de nos pères pour m’entretenir de choses divines ». Le 14 mai, il rendit l’âme laissant le royaume à son fils, trop jeune pour gouverner. Versailles cesse alors d'être une résidence royale pendant presque dix-huit ans.

    Louis XIV

    Façade ouest vue du jardin

    Au début de son règne, Louis XIV ne trouva aucune maison royale qui le satisfasse pleinement. Il habita Paris : le Palais-Royal, leLouvre, les Tuileries, il essaya de se fixer à Vincennes, et à Saint-Germain-en-Laye (au Château-Neuf et enfin au Château-Vieux), puis séjourna à Fontainebleau. Le roi compara les avantages et les inconvénients de ses châteaux, et pour pallier leurs incommodités, y entreprit d’importants travaux, mais dans aucun ne se sentit à l’aise.

    En 1651, le Roi effectua sa première visite à Versailles. C’est alors que se produisit le coup de foudre. Le château de Versailles est né d’une méfiance de la part du jeune Louis XIV envers la capitale et sa population jugée difficilement contrôlable depuis l’épisode de la Fronde. Dans un premier temps, la demeure constitue seulement un refuge pour les amours du souverain. Il y emmène sa maîtresse Louise de La Vallière.

    Le 25 octobre 1660, Louis XIV conduit à Versailles sa jeune épouse, la reine Marie-Thérèse.

    1661-1668 : premières extensions

    Le château après le premier agrandissement en 1668.
    Plan d'ensemble du château en 1668 : deux ailes furent ajoutées

    L'année suivante, après la mort du cardinal de Mazarin, le roi prit personnellement le pouvoir. De nouveaux travaux d’agrandissement débutèrent. De 1661 à 1662, le roi y consacra un million cent mille livres. La résolution de Louis XIV d’ériger, en lieu et à la place du pavillon de chasse de son père, l'un des plus merveilleux palais de l’Europe déclencha des critiques sournoises parmi les courtisans. Il reste cependant des témoignages de ces secrètes oppositions; le lieu parut surtout mal choisi. « Versailles, lieu ingrat » dit Saint-Simon, « triste, sans vue, sans bois, sans eaux, sans terre, parce que tout est sable mouvant et marécage, sans air, par conséquent qui n’est pas bon. » Louis Le Vau, l’architecte du Château de Vaux-le-Vicomte, fut chargé de reconstruire les communs, Charles Errard et Noël Coypel commencèrent les travaux de décoration des appartements, tandis queLe Nôtre créa l’orangerie et la ménagerie. À cette époque, Versailles n’était qu’une résidence d’agrément, où des fêtes étaient données dans les jardins, le Louvre demeurant officiellement le palais royal. Dans une lettre restée célèbre, Colbert se plaignit d’ailleurs que Louis XIV délaissât le Louvre :

    « Pendant le temps que [Votre Majesté] a dépensé de si grandes sommes en cette maison, elle a négligé le Louvre, qui est assurément le plus superbe palais qu’il y ait au monde. (…) Ô quelle pitié (…) que le plus grand roi fût mesuré à l’aune de Versailles ! »

    Au mois de mai 1664, les premières festivités furent données au château. Placées sous le thème « Les Plaisirs de l’Isle Enchantée », elles se déroulèrent sur une huitaine de jours et s'inspiraient de deux poèmes épiques du xvie siècle : Roland furieuxde l’Arioste et La Jérusalem délivrée (La Gerusalemme liberata, 1580) du Tasse. Molière présentera les Lettres françaises en créant la Princesse d'Élide et les trois premiers actes du Tartuffe. Le roi avait secrètement offert cette fête à Mademoiselle de La Vallière7.

    Entre 1664 et 1666Louis XIV fit aménager Versailles de façon à pouvoir y passer plusieurs jours avec son Conseil. Il décida de conserver le château initial bâti par Louis XIII, plus pour des raisons financières que sentimentales. Le Vau tripla la superficie du château, qui fut décoré avec beaucoup de luxe, en reprenant notamment le thème du soleil, omniprésent à Versailles. Les jardins, particulièrement appréciés par Louis XIV, virent leur superficie à nouveau accrue, et furent ornés de sculptures de Girardon et de Le Hongre.

    En 1665, les premières statues sont installées dans le jardin et la grotte de Téthys construite. La première orangerie, la ménagerie et la grotte de Téthys ne résistèrent pas à l’épreuve du temps. Seuls le groupe d’« Apollon servi par les nymphes » et « Les chevaux du Soleil », (sculptés par Girardon, RegnaudinMarsy et Tuby) rappellent la grotte de Téthys.

    Deux ans plus tard, le creusement du Grand canal commença. Le Nôtre conçoit l’élargissement de l’allée centrale et prend en charge les jardins et les aménagements extérieurs. Il collabore avec les Francine, fils d’ingénieurs italiens, pour la construction des installations hydrauliques.

    Parterres du Midi, jardins de Versailles

    La deuxième fête aura lieu le 18 juillet 1668 ; elle permettra de faire connaître le nom de Versailles. Connue sous le terme de « Grand Divertissement Royal de Versailles », elle sera marquée par la création de Georges Dandin, de Molière, et des Fêtes de l’Amour et du Hasard, deLully. Au cours des fêtes de 1664 et 1668, les courtisans mesurèrent l’incommodité du petit château car beaucoup ne trouvèrent pas de toit pour dormir. Le Roi, désireux d’agrandir celui-ci, confia cette tâche à Le Vau qui présenta plusieurs projets. Le premier prévoyait la destruction du château primitif et son remplacement par un palais à l’Italienne. Le deuxième projet proposait d’agrandir le château, côté jardin, par une enveloppe de pierre. Sur les conseils de Colbert, le Roi opta pour la seconde solution.

    1668-1670 : le Château Neuf

    Plan d'ensemble du château en 1674 : construction de l'enveloppe englobant le vieux château au nord et au sud.

    De 1668 à 1670, Le Vau entreprit la construction de l’Enveloppe. Cette Enveloppe consistait en un second bâtiment qui encerclait le premier château. De part et d’autre de l’ancien château, le Grand Appartement du Roi, au Nord, et de la Reine, au sud, furent placés symétriquement. Une vaste terrasse, face aux jardins, s’étendait entre les deux. Momentanément conservé, le château de brique et de pierre s’embellissait. Les façades s’ornaient de colonnes de marbre de Rance, de balcons en fer forgé et doré, de bustes posés sur des balustrades. Les toits portaient des ornements et la cour fut dallée de marbre. Du côté ville, le bâtiment des communs fut surélevé et relié au château Louis XIII par une suite de pavillons pour former la Cour Royale que ferme une grille dorée. Les extrémités des anciens communs reçurent un péristyle de colonnes surmonté de statues. Les nouvelles constructions triplaient la superficie du château.8

    À la mort de Louis Le Vau, le 11 octobre 1670, les travaux se poursuivirent sous la conduite de François d'Orbay désigné par Colbert. Le souhait de Louis XIV se réalisa, le château de Louis XIII restait intact du côté ville, mais disparaissait du côté jardin, caché par les nouveaux bâtiments. Désormais on distinguera le « Château Vieux » de Louis XIII du « Château Neuf » élevé par son fils. Le « Château neuf » était un bâtiment de conception italienne tout en pierre. Les longues façades furent ponctuées par des avant-corps et divisés dans la hauteur. La façade ouest fut occupée, au niveau du premier étage, par une grande terrasse calée par le pavillon du roi (au nord) et le pavillon de la reine (au sud). Tout comme les architectes deChambord, le Vau puisa son inspiration dans les modèles italiens, mais les volumes, les proportions et l’ornementation en firent une œuvre de l’esprit français.

    • Le rez-de-chaussée, constitué par un soubassement souligné par les lignes horizontales des refends, s’éclaire par des fenêtres cintrées sur les parterres.
    • L’étage fut pourvu de colonnes ioniques, de niches et de hautes fenêtres rectangulaires (cintrées par Mansart en 1669). Cet étage reçut un décor sculpté : statues placées dans les niches, et bas-reliefs rectangulaires surmontant les fenêtres (ils disparaîtront en 1679).
    • Le second étage ou attique reçut une décoration d’ordre corinthien et fut surmonté d’une balustrade sur laquelle reposaient des trophées et des pots à feu.

    Le Trianon de porcelaine est construit en 1670. C'est au cours de cette période que les courtisans firent bâtir leurs hôtels à proximité de la résidence préférée du roi. Entre 1670 et 1671, 14 grands hôtels (Luxembourg, Noailles, Guise ou encore Bouillon et Gesvres) sont construits dans la nouvelle ville de Versailles.

    Louis XIV rêvait de construire un palais qui marquerait son époque. Les palais du Louvre et des Tuileries étaient limités par l’œuvre de ses prédécesseurs. La création de Versailles répond à un souhait politique et économique. Dirigeant personnellement les affaires du royaume et centralisant l’administration, le Roi souhaitait regrouper auprès de lui les ministres et leurs services. Sa majesté laissa ainsi paraître son intention de fixer sa résidence à Versailles. Mansart dut élaborer des projets pour l’installation de la Cour. Le palais s’étendra aux dimensions que nous lui connaissons. Le château a été perçu comme un symbole du centralisme.

    1678-1686 : la galerie des Glaces

    Entre 1678 et 1684, la galerie des Glaces, symbole de la puissance du monarque absolu fut élevée sur l’ancienne terrasse du château neuf. La maçonnerie sera terminée en 1684. La décoration fut confiée à l’équipe de Charles Le Brun. Depuis longtemps le roi rêvait de construire à Versailles une de ces grandes galeries alors très à la mode. Louis XIV avait sans doute apprécié les longues galeries des Tuileries, du Louvre et de Fontainebleau : lieux de passage et moyens de communication entre les appartements, elles se prêtaient par leurs surfaces aux grandes décorations. Le Roi avait fait installer la galerie d’Apollon au Louvre, et dans le palais qu’il avait élevé à Clagny, pour Madame de Montespan, la galerie de Mansart avait ébloui tous les visiteurs.

    À Versailles, en fermant la terrasse de Le Vau par une longue façade dont les lignes architecturales reprennent celles du château neuf, Mansart construira la galerie des Glaces.
    La grande galerie, limitée au nord par le salon de La Guerre et au sud par le salon de la Paix, s’étend sur 73 m de longueur; elle occupe toute la façade ouest du Château neuf et elle servira de passage entre les appartements du Roi et ceux de la Reine. La création de la galerie des Glaces va avoir une grande conséquence : l’appartement du roi est déporté dans le château vieux ; l’appartement du Soleil deviendra le « Grand Appartement » et sera utilisé pour les réceptions.

    Bassin d’Apollon, jardins du château de Versailles
    En 1678
    • Pose des premières pierres de l’aile du Midi destinées à loger les courtisans. Mansart prévoyait la construction de deux immenses bâtiments, encadrant le château de Le Vau au nord et au sud, et en retrait par rapport à celui-ci.
    • La façade sur les jardins est remaniée.
    • Un très grand miroir au cadre en bronze doré ciselé par Cucci fut placé dans la chambre des bains.
    • Deux cuves allongées, en marbre blanc enrichi de bronzes dorés furent ajoutées dans le cabinet des bains.
    • Début des travaux de la pièce d’eau des Suisses et du bassin de Neptune, ainsi que les terrassements nécessaires au doublement du parterre du Midi et à la construction de la Nouvelle Orangerie.
    Orangerie, parc du château de Versailles
    En 1679
    • La galerie des Glaces, le salon de la Guerre et de la Paix remplacent la terrasse et les cabinets du Roi et de la Reine.
    • Le bâtiment central, du côté de la Cour de marbre, est surmonté d’un étage. Une horloge encadrée de statues de Mars par Marsy et d’Hercule par Girardon ornent la nouvelle façade.
    • Orbay commença la construction d’un second escalier destiné à faire pendant à l’escalier des Ambassadeurs : L’escalier de la Reine. De l’escalier des Ambassadeurs, seules nous sont resté les deux portes qui ouvraient dans le Grand Appartement, le buste de Louis XIV et le Silène antique. Une réplique de cet escalier a été réalisée au château de Herrenchiemsee par Louis II de Bavière.
    • Dès l’achèvement des ailes des Ministres, on entreprit la construction des Grandes et des Petites Écuries. Les travaux se poursuivirent dans les jardins qui s’enrichissaient de statues et de nouveaux bosquets.
    Pièce d'eau des Suisses
    En 1681
    • Charles Le Brun acheva la décoration des Grands Appartements.
    • La machine de Marly commença à pomper l’eau de la Seine.
    • Les perspectives furent élargies.
    • Excavation du Grand Canal et de la pièce d’eau des Suisses.
    • Multiplication des bosquets ainsi que des fontaines dans les jardins au prix de longs travaux d’adduction d’eau. C’est ainsi que naissaient les jardins à la française. Les plus grands sculpteurs du temps décorèrent ces espaces avec des statues de marbre et de bronze.
    Galerie des Glaces, Grands Appartements.
    galerie des Glaces:les miroirs.

    En 1682, Louis XIV n’a plus la patience d’attendre la fin des travaux. La cour pressentit les projets du roi et feignit d’y croire. Pourtant, le 6 mai le roi quitte Saint-Cloud et s’installe définitivement à Versailles. Versailles devint officiellement la résidence du roi de France. Un contemporain décrivit les conditions dans lesquelles se déroula l’installation : « Le sixième de mai le Roi quitta Saint-Cloud pour venir s’installer à Versailles, où il souhaitait être depuis longtemps, quoiqu’il fut rempli de maçons, dans le dessein d’y demeurer jusqu’après les couches de Madame la Dauphine, qui fut obligée de changer d’appartement le second jour qu’elle fut arrivée, parce que le bruit l’empêchait de dormir. » Le roi s’installa dans une demeure en chantier où les travaux de décoration allaient bon train. La Galerie des Glaces était encombrée par les échafaudages de Charles Le Brun, et pour la traverser, il fallait emprunter un passage pratiqué entre les poutrelles.
    L’inauguration de l’aile du Midi a lieu.
    L’un des grands problèmes de Versailles sera toujours le logement des courtisans. Si Versailles est le symbole de la puissance de Louis XIV, il ne faut pas perdre de vue que ce n’est qu’à 44 ans qu’il s’y établit définitivement.

    Versailles vit ainsi l’apogée de la société de cour. En y fixant les courtisans, Louis XIV transforma une noblesse belliqueuse et potentiellement rebelle en un groupe soutenant l’État, en la personne du roi. Le roi qui, dans son enfance, avait connu avec la Fronde les dangers d’un soulèvement de la noblesse, souhaitait protéger la personne royale et le gouvernement. Il s’appliqua à réduire la puissance et la fierté des nobles. Les moyens qu’il employa furent :

    • d’attirer les grands seigneurs à sa cour en leur distribuant ou en leur laissant espérer des honneurs, des titres, des pensions.
    • d’offrir aux plus importants des logements au château.
    • d’inspirer à ses courtisans le respect et élever une barrière à leur promiscuité.
    • de faire des courtisans des spectateurs assidus de sa grandeur.

    Le roi établit des règles d’étiquette rigoureuses et complexes, qui transformaient tous ses actes, même les plus quotidiens, en un cérémonial quasi sacré.
    Le roi et la reine avaient leur Grand et leur Petit Lever, leur Grand et leur Petit Coucher. Certaines personnes y étaient admises. Aux plus favorisés revenait l’honneur d’entourer le roi, derrière la balustrade qui isolait le lit du reste de la pièce, et de lui prêter rituellement assistance en lui présentant un vêtement. Toutes les circonstances de la vie étaient ainsi réglées, depuis la naissance des princes, qui avait lieu en public (ce qui évitait toute contestation de légitimité), jusqu’aux obsèques du roi régies par des coutumes immuables. Les rapports du roi avec les personnes admises à l’approcher connaissaient les mêmes solennités, qu’il s’agisse des réceptions d’ambassadeurs, des présentations de gentilshommes et de dames titrées ou de la réception des vœux et des félicitations.
    Pour rompre avec ce protocole, Louis XIV institua les « Jours d’Appartement » où trois fois par semaine, de 19 à 22 heures, les courtisans étaient admis dans le Grand Appartement. Dans différents salons étaient répartis des buffets, des tables de jeu, on pouvait écouter de la musique ou danser. Le roi s’y promenait sans que les seigneurs et les dames dussent se déranger de leur jeu pour le saluer. C’était un grand honneur, envié et disputé, que d’y être admis. C’est dans le même esprit que Louis XIV voulut se réserver, en faisant aménager les Petits appartements, une vie plus intime dans la seule compagnie de ses familiers, tels ses compagnons de chasse qu’il retenait souvent à dîner.
    Pour l’Europe, Versailles fut un témoignage de la puissance de la France et de Louis XIV.

    Entre 1685 et 1689, une véritable fièvre constructrice donna naissance :

    • à l’orangerie qui remplaça celle de Le Vau. Elle fournissait 3000 arbustes et 150 000 plantes florales chaque année.
    • aux écuries,
    • au Grand Commun,
    • à l’aile nord des courtisans.

    La construction des ailes Nord et du Midi prolongea le développement des façades de Mansart. Vus des jardins, les trois bâtiments distincts composaient un ensemble harmonieux. La façade se développait sur une longueur de 670 mètres. Les deux nouveaux bâtiments accueillaient les Princes et les courtisans, les écuries, les carrosses, les services généraux et le logement des domestiques. La grotte de Téthys fut détruite.

    Deux ans après l’installation de la Cour, 22 000 à 30 000 ouvriers (selon la disponibilité des régiments) et 6000 chevaux s’affairaient sur les différents chantiers de Versailles. On érigea une colline afin de porter les 680 mètres de longueur du château. Une forêt entière fut plantée. Jules Hardouin-Mansart coordonnait l’immense chantier. La facture totale s’élèvera à environ 80 millions de livres. En cas d’accident de travail, des dédommagements suivants furent prévus :

    • 30 à 40 livres pour un bras ou une jambe cassé,
    • 60 livres pour un œil crevé,
    • 40 à 100 livres pour la veuve en cas de mortalité.

    Le village de Versailles se transforma en véritable ville qui se construisait dans l’axe du château et des jardins. Les 5000 courtisans érigeaient en ville des hôtels où furent logés leurs serviteurs et leurs équipages. Des tavernes et des auberges contribuaient à l’animation de la ville dont la population, qui ne cessait de croître, atteindra 70 000 habitants à la veille de la révolution.

    En 1686, Le Brun achève la décoration de la galerie des Glaces. Les ambassadeurs du roi de Siam sont reçus à Versailles.

    Le roi, qui se lasse du Trianon de porcelaine, fait ériger en 1687 par Hardouin-Mansart, sur le même emplacement, un petit palais de marbre et de porphyre avec jardins, le Grand Trianon ; Louis XIV surveilla de si près les travaux qu’il semblait le véritable architecte du lieu.

    En 1689, dans le nouveau Versailles, l’accès aux appartements de la Reine se faisait par l’escalier de marbre, appelé l’escalier de la Reine. Le palier s’ouvrait dans les deux salles des Gardes du Corps, ensuite venaient l’Antichambre, le Grand Cabinet et la Chambre qui donnait dans le salon de la Paix. Cet ensemble se développait sur la façade sud de l’enveloppe de Le Vau.
    Les nouveaux appartements du roi se développaient autour de la Cour de Marbre. L’appartement officiel dit « Appartement du Roi » occupait les ailes sud et ouest du château de Louis XIII et l’« Appartement Intérieur » était installé dans l’aile nord. L’appartement du Roi se composait de sept pièces, la septième formant la jonction avec l’Appartement Intérieur. Au centre du château fut installé le salon du Roi (future chambre de Louis XIV), l’appartement se terminait par le cabinet du Conseil et le cabinet des Termes ou des Perruques (deux pièces situées à l’emplacement de l’actuel salon du Conseil).

    1683-1686 L’appartement des collections

    En 1683, dans un appartement, interdit à toute personne non autorisée, les architectes et les décorateurs aménagèrent des salons et des cabinets destinés à recevoir des chefs d’œuvres et les collections du roi. Dans le Salon ovale, le Cabinet aux tableaux, le Cabinet aux coquilles on exposa toutes sortes d’objets d’art et de riches curiosités; les murs portaient des tableaux de la collection royale. Ces pièces faisaient partie de l’appartement des Collectionneurs qui se terminait par le cabinet des Médailles. D’après la description de Mademoiselle de Scudéry, ce dernier était éclairé par des lustres de cristal de roche et on pouvait y admirer :

    • des vases de grande taille garnis d’or et de diamants,
    • des bustes et des figures antiques,
    • une Nef d’or garnie de diamants et de rubis (c’est la grande Nef de Louis XIV qu’on voit peinte au plafond du salon de l’Abondance),
    • des porcelaines de Chine et du Japon,
    • des vases d’agate, d’émeraude, de turquoise, de jade, de girasol, de jaspe d’Allemagne et d’Orient, de pierre d’étoile, de cornaline, de crisolite,
    • des figures grotesques de perles, d’émeraude, de rubis et d’agate,
    • une grande quantité de vases de conques de perles,
    • des tableaux, des miroirs,
    • des statues d’animaux antiques,
    • un grand vase de jaspe dont la figure est une espèce d’ovale irrégulier qui servit au baptême de Charles Quint.

    Une partie de ces trésors fut transportée, par ordre de Louis XV, au cabinet des Médailles de la Bibliothèque de Paris, le reste fut dispersé pendant la Révolution. La galerie d’Apollon, au Louvre, a recueilli quelques très belles pièces des collections de Louis XIV : vases en cristal de roche ou en matières précieuses (jaspe, cornaline, etc.) ainsi que de petits groupes de bronze.

    L’année 1683 fut endeuillée par la mort de la reine Marie-Thérèse et par celle de Colbert. La surintendance des Bâtiments passera entre les mains de Louvois qui n’aime pas Le Brun et qui introduira Mignard à Versailles.

    En 1684, l’appartement des collectionneurs s’agrandit par l’annexion de l’ancien appartement de Montespan, transformé en une petite galerie que décora Mignard qui trouva dans cette galerie l’occasion de rivaliser avec Le Brun. Mignard peignit le plafond en s’inspirant du thème d’Apollon et de Minerve, il décora également les plafonds des deux petits salons de la galerie. Le sol était un parquet de bois précieux, les murs étaient tendus d’étoffes somptueuses. C’est dans cette pièce que Louis XIV exposa les pièces maîtresses de sa collection de tableaux. Comme cette collection de chefs d’œuvre était considérable, on accrochait les tableaux par roulement. Dans ce cadre précieux, le roi s’attardait à contempler la Joconde.

    1701 Les Nouveaux Appartements du Roi

    1700, le duc d’Anjou, petit fils de Louis XIV, est proclamé roi d’Espagne et il prend le nom de Philippe V d’Espagne.

    1701, transformation des appartements du Roi. La chambre du Roi se place au centre du château. L’Antichambre des Bassan et la Chambre (de 1689) furent réunis pour former la Chambre à l’œil-de-bœuf. Ces pièces furent magnifiquement meublées et tendues d’étoffes très riches, les plafonds non peints formèrent de vastes calottes blanches. Tassinari Châtel

    1698-1710 La chapelle

    Article détaillé : Chapelle du château de Versailles.

    Louis XV

    Plan d'ensemble du château en 1750

    En 1715, le nouveau roi n’étant qu'un enfant, son tuteur Philippe d’Orléans (dit le Régent, cousin germain éloigné au 2e degré de Louis XV) quitta Versailles le 9 septembre et s’installa dans sa résidence parisienne du Palais-Royal et la Cour aux Tuileries. Durant cette Régence, le duc de Noailles proposa de raser le château.

    1717Pierre le Grand, tsar de Russie, visita Versailles et résida au Grand Trianon.

    1722, âgé de 12 ans Louis XV se réinstalla à Versailles dans les appartements Louis XIV.

    Le nouveau souverain se montra soucieux de faire respecter les traditions de Versailles. L’ère des grandes constructions était révolue et le château ne retrouva plus le lustre des années Louis XIV —  Louis XV n’appréciait pas particulièrement Versailles. Quand il s’y trouvait, il se réfugiait souvent dans les Petits Appartements dans les attiques, au-dessus de ses Grands Appartements. Mais la plupart du temps, il séjourna au Trianon, à Marly, à Compiègne ou à Fontainebleau, ou encore dans de petites résidences à proximité de Paris.

    Château de Versailles, côté jardin

    Les premières transformations consistaient en :

    • la démolition de l’appartement des Bains et l’escalier des Ambassadeurs,
    • les constructions du salon d’Hercule (au plafond de F. Lemoyne), de l’Opéra et du Petit Trianon,
    • la transformation des appartements du Roi, de la Reine et des princes de la famille royale progressivement transformés pour s’adapter aux goûts de l’époque et rendus plus confortables. Ange-Jacques Gabriel prendra en charge ces modifications.

    La nouvelle administration des Bâtiments, à la tête de laquelle se trouvait depuis 1708 le duc d’Antin, entama la décoration de la grande salle (salon d’Hercule) sous la responsabilité de Robert de Cotte qui dirigea les travaux suivant les projets élaborés dans les dernières années du règne de Louis XIV. Ce salon achevait le Grand Appartement de Le Brun et l’esprit de grandeur rejoignait celui du siècle précédent. Les parois furent recouvertes de marbres choisis par Louis XIV de son vivant et décorées par deux œuvres de Véronèse. La nouveauté résidait dans le plafond compartimenté d’aucun cadre sculpté. François Lemoyne saisit l’occasion de rivaliser avec Véronèse en peignant : « L’Apothéose d’Hercule ». Le salon d’Hercule reliait les appartements du Roi au vestibule de la chapelle. Plus tard, Gabriel envisagea de remplacer l’escalier des Ambassadeurs par un nouvel escalier qui déboucherait dans cette salle.

    1729, début des travaux de renouvellement du décor de la chambre de la Reine. Robert de Cotte fournit les dessins des nouvelles boiseries.

    1735, achèvement des travaux de renouvellement du décor de la chambre de la Reine par Gabriel père et fils

    1736, inauguration du salon d’Hercule.

    1738 à 1760, les pièces de l’appartement de collectionneurs de Louis XIV furent constamment remaniées. Les travaux commencèrent en 1738 par la création de la chambre à coucher privée du Roi, et se stabilisèrent vers 1760.

    1741Philibert Orry, qui avait remplacé le duc d’Antin, fit procéder à l’achèvement du Bassin de Neptune ;

    1742, Louis XV accorde audience à Saïd Méhemet Pacha, ambassadeur extraordinaire du Grand Seigneur.

    1745, à la tête de l’Administration des Bâtiments du Roi, Charles François Paul Le Normant de Tournehem succéda à Philibert Orry, grâce à l’influence de sa pupille – peut-être même sa fille naturelle – Madame de Pompadour.

    Plan du château de Versailles et des jardins dressé en 1746, par l’abbé Delagrive, géographe de la Ville de Paris


    1750, Louis XV introduisit un nouveau type de pièces dans les appartements royaux : la salle à manger des retours de chasse.

    1751, décès de Tournehem qui fut remplacé par le marquis de Marigny, frère de Madame de Pompadour. Sous ses directives vont se révéler : l’architecte Ange-Jacques Gabriel, et deux sculpteurs de boiseries, Verbeckt et Rousseau. C’est l’appartement de Marie Leczinska qui fournit à Gabriel et à Verbeckt l’occasion de travailler ensemble.

    1752, destruction de l’escalier des Ambassadeurs, de la Petite Galerie et du cabinet des Médailles. Ces témoins glorieux du règne de Louis XIV furent détruits pour la création d’un appartement destiné à l’aînée des Filles de France : Madame Adélaïde.

    1755, la seconde transformation consistait à réunir l’ancien cabinet du Roi (ou du Conseil) avec le cabinet des Thermes (ou des Perruques) pour former le grand salon du Conseil. Jules Antoine Rousseau sculpta les boiseries dorées. Gabriel réutilisa une partie des anciens panneaux pour décorer les murs. Au second étage se développaient les cabinets intérieurs du roi. Dans cette partie du château aucune dorure ne colorait les boiseries. Des couleurs vives et variées égayaient les statues, peintes selon les techniques élaborées par Martin, l’inventeur du fameux « vernis Martin ». L’élément essentiel de cet appartement était une petite galerie éclairée sur la cour de Marbre. Des tableaux de BoucherCarle Van LooLancret, Pater etParrocel étaient accrochés sur les boiseries colorées.

    Pendant toute sa carrière Gabriel fit face à des problèmes de logement. La reine mit au monde huit princesses :

    Pour loger toutes ces princesses, dans des appartements qui conviennent à leur rang, Gabriel effectua de multiples travaux. Au fil des années "Mesdames" changèrent d’appartements, passant de l’Aile du Midi à l’Aile du Nord, et au rez-de-chaussée du Corps Central (et même au premier étage comme nous l’avons noté pour Adélaïde). Ces déménagements successifs aboutirent à la disparition complète de l’Appartement des Bains, de l’Escalier des Ambassadeurs, et au cloisonnement de la Galerie Basse. Ces appartements furent détruits par Louis Philippe, quelques splendides boiseries ont échappé à ce saccage et nous témoignent du luxe qui régnait chez Mesdames.

    Selon la tradition établie sous Louis XIV, le dauphin et son épouse prirent possessions des deux appartements du rez-de-chaussée situés sous l’appartement de la Reine et, en retour d’équerre, sous une partie de la galerie des Glaces. De merveilleuses décorations furent alors créées. Le xixe siècle ravagea cet ensemble. Seul fut conservé la chambre du Dauphin et la bibliothèque.

    1757, le 5 janvier, attentat de Damiens contre le roi.

    1761 à 1768 Ange-Jacques construit le Petit Trianon

    1769, la princesse Adélaïde déménagea et son appartement fut réuni à celui de Louis XV. Les deux pièces importantes de l’appartement intérieur étaient la nouvelle chambre du roi et son cabinet intérieur (cette dernière formant la plaque tournante entre les anciens salons et les « Salles Neuves » de l’appartement d’Adélaïde.

    Dans la seconde partie du règne de Louis XV des projets de reconstruction des façades en regard de la ville vont prendre corps. On reprochait aux murs de Le Vau leurs matériaux et leur disposition.

    1770, le 16 mai, mariage du dauphin (futur Louis XVI) avec Marie-Antoinette de Lorraine, archiduchesse d’Autriche, célébré dans la chapelle royale. Dans un même temps aura lieu l’inauguration de l’Opéra Royal à l’occasion du festin royal, elle marque le sommet de l’art de Gabriel.

    1771 Gabriel présenta au roi son « Grand Projet » de reconstruction de toutes les façades côté ville. Seule l’aile droite, qui menaçait ruine, fut édifiée. Avec son pavillon à colonnes, les règles de l’architecture classique furent respectées. Le roi donna son agrément à ce projet. Comme l’argent manquait dans les caisses royales, Madame du Barry se chargea de réunir les fonds à cette opération.

    1772, Les travaux du « Grand Projet » débutèrent et ne furent jamais achevés mais donnèrent naissance à l’Aile Louis XV. À l’intérieur de l’aile, les travaux du grand escalier dit Grand Degré débutent, mais ne seront achevés qu’en 1785. À la fin de l’Ancien Régime, le palais sera la résidence royale la plus luxueuse de toute l’Europe.

    Pendant que Gabriel poursuivait son œuvre la vie de la cour continuait, toujours brillante et luxueuse, émaillée de bals et de fêtes. La distraction favorite de ce siècle fut le théâtre. On appréciait Voltaire pour ses tragédies et sa prose. Madame de Pompadour donnera une grande impulsion à ce mouvement.

    Louis XV fut responsable de la destruction d’ensembles splendides du temps de Louis XIV, mais il avait su créer à l’intérieur du palais de magnifiques décorations. Les jardins et en particulier Trianon s’étaient enrichis du Pavillon Français et du Petit Trianon.

    1729-1736 le salon d’Hercule

    La décoration de ce nouveau salon débuta, dès 1712. Il se trouve à l'emplacement de l'ancienne chapelle, détruite en 1710. Le chantier est placé sous la direction de Robert de Cotte, le décorateur de la nouvelle chapelle royale. Cependant la mort du roi Louis XIV, en 1715 interrompt le chantier. Celui-ci ne reprit qu'après le retour de Louis XV au château, en 1729. Le plafond de la pièce fut décoré entre 1733 et 1736 par François Lemoyne. Il y représente l'Apothéose d'Hercule. Sur le mur du fond est exposée une immense toile de Véronèse offerte par la République de Venise au roi Louis XIV en 1664, Le Repas chez Simon. L'aménagement de la pièce fut terminé en 1736. Mais l'inauguration n'eut lieu que le 26 janvier 1739, par un « bal paré » donné à l'occasion du mariage de la fille aînée de Louis XV avec l'Infant d'Espagne. Le salon d'Hercule servit de cadre à d'exceptionnels « grands couverts » (en 1769, pour le mariage du duc de Chartres ou en 1782 pour la naissance du Dauphin) ou à des audiences extraordinaires (avec le sultan du Mysore, en 1788).

    1758-1770 L'Opéra royal

    Louis XVI

    Sous Louis XVI, la vie de cour à Versailles continua à décliner, en devenant une coquille vide de sens, et fuie par les courtisans aussi bien que par la famille royale. De plus, le château se révéla un gouffre financier. L’absence de commodités (salle de bains, chauffage) dans les appartements rendit de plus en plus sensible la nécessité d’une rénovation profonde des bâtiments. Mais le manque d’argent fit remettre le projet jusqu’à la Révolution françaiseMarie-Antoinette imposa d'importantes dépenses pour l'aménagement du Petit Trianon, ce qui contribua grandement à la rendre impopulaire. On ne s'y réunit plus que pour de grandes circonstances, comme le 15 août, fête de l'Assomption, commémorée par une grande procession à laquelle doivent assister tous les courtisans. Celle-ci rappelle la consécration de la France à Marie, décrétée par Louis XIII. C'est au cours de la cérémonie du 15 août 1785 que le roi fait arrêter, dans la Galerie des glaces pleine de monde, son grand aumônier, le prince-cardinal Louis de Rohan, compromis dans l'affaire dite du Collier de la reine.

    La bibliothèque de Louis XVI

    À son avènement en 1774, Louis XVI veut faire concevoir pour lui une pièce dédiée à sa détente. Le choix se porte sur une bibliothèque. Elle est commencée dès le début de son règne. Le décor, dessiné par Jacques-Ange Gabriel, est sculpté par Jules Antoine RousseauJean-Henri Riesener sculpte une grande table à plateau monoxyle pour permettre à Louis XVI d'exposer ses biscuits de Sèvres. Deux globes, un terrestre et un céleste, complètent ce décor en 1777. C'est dans cette bibliothèque que Louis XVI décide de l'arrestation de son grand aumônier le 15 août 1785, après avoir été mal conseillé par le baron de Breteuil et son Garde des Sceaux Armand Thomas Hue de Miromesnil.

    1783 Le cabinet doré

    Cette pièce fut créé pour abriter une partie des collections de Louis XIV. Sous Louis XV, elle prit diverses affectations. Ainsi, elle servit au roi de pièce d'exposition pour son service de vaisselle d'or, d'où l'un de ses noms cabinet de la Vaisselle d'or. Elle fut ensuite rattachée aux appartements de Madame Adélaïde, fille de Louis XV. Cette pièce devient dès lors son cabinet de musique où Adélaïde reçut des leçons de Harpes de BeaumarchaisMozart y aurait joué pour la famille royale, en 1763. Sous Louis XVI, cette pièce redevient une pièce d'exposition. En 1788, Louis XVI y expose l'un de ses achats personnel, le cabinet des papillons.

    Versailles depuis la Révolution

    La Révolution

    1793-1796 Dans la tourmente

    Carte de Versailles en 1789

    Versailles vit l’apogée de la France des Bourbons, mais aussi sa chute : c’est à Versailles que se tinrent lesÉtats généraux de 1789.

    Le 5 octobre 1789, malgré la pluie, le peuple de Paris conduit par des femmes marche sur Versailles, ou il se heurte aux grilles du château. Une fusillade éclate. Le peuple envahit le château, et ramène la famille royale à Paris. Abandonné après le départ de la famille royale pour Paris 6 octobre 1789, le château ne retrouvera jamais ses fastes.

    Le mobilier du château est transporté dans des gardes meubles. Ainsi, le fameux bureau secrétaire de Louis XVpar Riesener, après avoir subi des modifications de son décor (notamment le remplacement des fleurs de lys par des ancres, cordages et autres éléments décoratifs ayant trait a la mer) est affecté au Ministère de la Marine, Place de la Concorde.

    Au début de 1791, les tableaux, les glaces et tous les emblèmes trop explicites de la royauté sont décrochés des murs et des plafonds. Les œuvres d'art sont envoyées au Louvre, devenu le Musée Central des Arts en 1792.

    La Convention, le 10 juin 1793, après la chute de la monarchie, vend à l'encan le mobilier du château : 17 182 lots, étalés sur les années 1793-1796. Les plus belles pièces partent pour l'Angleterre, achetées par des mandataires du roi Georges III, et meublent ou décorent le Palais de Buckingham ou le Château de Windsor. En1792, lors de la chute de la monarchie, il fut même pillé par des vandales. Le père du peintre Delacroix pense qu'il faudrait le démolir et y passer la charrue.

    Napoléon songea un temps à en faire son palais impérial, mais Versailles resta inutilisé jusqu’au retour de la monarchie. Enfin, Louis-Philippe confia à son ministre Camille Bachasson, comte de Montalivet la tâche de transformer le château en musée : c’est de cette époque que date la dédicace « À toutes les gloires de la France ».

    Par la suite, Versailles ne revint plus sur le devant de la scène que de façon épisodique, voire anecdotique. Ainsi, le château devient le quartier général de l’armée prussienne lors du siège de Paris, pendant la guerre de 1870. L’Empire allemand fut proclamé dans la galerie des Glaces le 18 janvier 1871. Durant la CommuneThiers et son gouvernement s’y réfugièrent. Ils y restèrent dans le gigantesque hémicycle aux fauteuils couleur bordeaux jusqu’en 1879, puis ce fut le cadre de l’élection des présidents de la IIIe et IVe République. Il est décoré de grandes fresques allégoriques évoquant la guerre, l’agriculture, le commerce, l’industrie et la paix.

    Le traité de paix, dit traité de Versailles qui mit fin à la Première Guerre mondiale y fut signé le 28 juin 1919.

    De nos jours, Versailles est un palais national à la disposition de la présidence de la république. Il sert à accueillir des chefs d’État étrangers, comme Élisabeth II en 1972, le shah d’Iran en1974Mikhaïl Gorbatchev en 1985 ou Boris Ieltsine en 1992. En 1982, il servit de lieu de réunion au G7.

    Lieu symbolique, le château de Versailles est l’objet d’un attentat9 dans la nuit du 25 au 26 juin 1978. La bombe à retardement posée par deux nationalistes bretons endommage une dizaine de salles (dont la galerie des batailles), faisant pour trois millions de francs de dégâts.

    D’autre part, depuis la IIIe République, Versailles sert de lieu de réunion du Congrès du Parlement. Les Assemblées disposent d’une trentaine d’appartements de fonction représentant une surface de près de 7 000 m² dans l’aile du Midi.

    Galerie des batailles, château de Versailles

    1797 Premier Musée

    Sous la Restauration

    En 1815, Philippe Louis Marc Antoine de Noailles, prince de Poix devient gouverneur de la Maison royale de Versailles et de Trianon, lieutenant général, marguillier d'honneur de la paroisse et secrétaire général du gouvernement de Versailles. À ce titre, il représente le roi à Versailles et a en plus le soin de tout ce qui regarde la fabrique et l'œuvre de la paroisse Saint-Louis. Auguste de Rambaud, fils de son amie Agathe de Rambaud, ancien commissaire des guerres, est son secrétaire intime.

    Philippe Louis Marc Antoine de Noailles meurt le 15 février 1819 à Paris. Son éloge est prononcé à la Chambre des pairs par Armand Maximilien François Olivier de Saint-Georges, marquis de Vérac (†1858), mari d'une de ses nièces, qui lui succède dans le gouvernement de Versailles

    Retour à la Couronne

    En 1833Louis-Philippe Ier, roi des Français, décide, pour sauver Versailles de la ruine, de le transformer en un musée de l'histoire de France célébrant les conquêtes militaires de l'Ancien Régime, de la Révolution française, de l'Empire et même de la Restauration. Très attaché à ce projet destiné à marquer l'entreprise de réconciliation nationale menée par la monarchie de Juillet, le roi surveille de très près l'exécution des travaux et les commandes des tableaux.

    La restauration du château est dirigée par l'architecte Pierre-François-Léonard Fontaine. Les travaux, payés sur la cassette personnelle du roi, s'élèvent à plus de 23 millions de francs.

    Louis-Philippe fait également restaurer le Grand Trianon pour son usage personnel. En octobre 1837, il y célèbre le mariage de sa fille, la princesse Marie avec le duc de Wurtemberg.

    La galerie des Batailles

    Installée dans l'aile du Midi, à la place des appartements des princes, la galerie des batailles a été conçue personnellement par Louis-Philippe. Elle surprend par ses vastes dimensions (120 mètres de long sur 13 mètres de large). Elle est ornée de trente-deux tableaux de grandes dimensions célébrant les actions militaires glorieuses de l'histoire de France depuis labataille de Tolbiac en 496 jusqu'à celle de Wagram en 1809. Le peintre le plus sollicité a été Horace Vernet.

    1837 : « À toutes les Gloires de la France »

    Le musée de l'histoire de France du château de Versailles, dédié « à toutes les Gloires de la France », est inauguré officiellement par Louis-Philippe le 10 juin 1837, dans le cadre des festivités qui marquent le mariage du prince royal avec la princesse Hélène de Mecklembourg. Il comprend notamment la Salles des Croisades dont les frises portent les armes et les noms des chevaliers croisés ouverte au public en 1843.

    Le musée rencontre un très grand succès. « Ce que le roi Louis-Philippe a fait à Versailles est bien, commente Victor Hugo. Avoir accompli cette œuvre, c'est avoir été grand comme roi et impartial comme philosophe ; c'est avoir fait un monument national d'un monument monarchique ; c'est avoir mis une idée immense dans un immense édifice ; c'est avoir installé le présent dans le passé, 1789 vis-à-vis de 1688, l'empereur chez le roi, Napoléon chez Louis XIV ; en un mot, c'est avoir donné à ce livre magnifique qu'on appelle l'histoire de France cette magnifique reliure qu'on appelle Versailles. »10

    Napoléon III

    Culte à Marie-Antoinette

    L'impératrice Eugénie, qui vouait un culte à Marie Antoinette, fut à l'origine d'un regain d'intérêt pour le château de Versailles. C'est sous son influence que lors de l'Exposition universelle de 1867, des meubles prestigieux furent réintégrés dans le Patrimoine du château. Ainsi, le grand serre-bijoux de Schwerdfeger ou le bureau de Roentgen.

    Sous les Républiques

    28 juin 1919, signature du traité de VersaillesLloyd GeorgeGeorge Clemenceau, et Woodrow Wilson, sont réunis dans la galerie des glaces aux côtés des représentant Allemands afin de ratifier un traité prévoyants plusieurs points, les 14 points de Wilson, dont la démilitarisation de la Rhénanie et la reprise française de l'Alsace-Lorraine.

    Par le décret n°95-463 du 27 avril 1995, le gouvernement a procédé à la création de l'Établissement public du musée et du domaine national de Versailles. Il y a donc d'un côté le musée national du château de Versailles et d'autre part le Domaine national de Versailles. Parfois le musée est intitulé Musée national des châteaux de Versailles et des Trianons.

    Depuis 1875, environ 25 000 m² de locaux, situés principalement dans l’aile du Midi (y compris la galerie des Batailles), sont affectés au Parlement, les deux tiers à l’Assemblée nationale et un tiers au Sénat. Cette affectation a été formalisée par une loi du 22 juillet 1879 relative au siège du pouvoir exécutif et des chambres à Paris, puis par l’ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958. En mai 2005, une proposition de loi émise par Jean-Louis Debré, président de l’Assemblée nationale, propose la restitution de ces locaux à l’établissement public du musée et du domaine National de Versailles. Cette réaffectation est cohérente avec le programme en cours de rénovation du château dit « projet du Grand Versailles ». Toutefois le Sénat a refusé par amendement la restitution de la salle des séances du Congrès, considérée comme un « lieu de mémoire de l’histoire parlementaire de notre pays ».

    Depuis septembre 2005, l'Etablissement public de Versailles a lancé le projet "Grand Versailles numérique" qui consiste à faire de Versailles le laboratoire du numérique culturel. L'objectif de ce programme, soutenu par le ministère de la culture et de la communication, est d'imaginer, tester et déployer des outils numériques d'enrichissement de la visite réelle ou virtuelle du château et du domaine. Les premières expérimentations numériques ont été lancées en juin 2006 avec trois dispositifs :

    1. un site web vitrine présentant le projet et proposant des visites 3D, panoramiques et une frise chronologique multimédia. site vitrine GVN (ce site a remporté le prix de l'Innovation du Festival international du Multimédia, à Montréal, le 14 octobre 2006)
    2. une visite numérique du nouveau domaine de Marie-Antoinette, avec des pdas connectés à un réseau wi-fi et des iPods
    3. un site de téléchargement de séquences audio et vidéos site podcast de Versailles qui propose la plus grande offre podcast culturelle de France, plus de 50 séquences audio et vidéos, en français et en anglais. Le site podcast a dépassé les 400 000 téléchargements 3 mois après son lancement, le 14 juillet 2006.

    Jardins de Versailles

    Article détaillé : Jardins de Versailles.

    Cette section est une description des jardins du Petit Parc de Versailles.

    Parcs de Versailles

    Article détaillé : Parc de Versailles.

    Cette section est une description des parcs de Versailles.

    Objectifs et rôle du château

    Le château de Versailles est un cas typique de décor monumental, où le massif est préféré à la recherche architecturale pour impressionner et contribuer à la mise en scène du pouvoir. Cette lecture du monument, dépassant la traditionnelle analyse artistique, a été proposée par des historiens comme Joël Cornette.

    La glorification du roi

    Heurté par sa visite du château de Vaux-le-Vicomte, magnifique résidence de son ministre FouquetLouis XIV entend créer à Versailles un palais qui n'a pas de comparaison dans le royaume et même en Europe. Le bâtiment doit consacrer la grandeur du roi et de son règne.

    Le plan du château est étudié pour mettre en valeur le souverain. La chambre royale se situe au centre du palais et sur un grand axe qui part de la statue du roi dans la cour d'accès et qui se prolonge par le Tapis vert et le Grand Canal. Louis XIV se fait représenter en divinité dans plusieurs compositions sculptées.

    En outre, le château apparaît comme une œuvre de « propagande » pour reprendre le mot de Joël Cornette. À travers la décoration, le roi fait passer quelques messages. Peints après laguerre de Hollande, les plafonds de la galerie des Glaces renvoient une image glorieuse du prince, destinée à amplifier une victoire militaire finalement assez limitée. Louis XIV y apparaît représenté en roi de guerre et de triomphe qui écrase tous ses ennemis.

    Le château s'anime de splendides fêtes que l'invitation des plus grands musiciens (Jean-Baptiste Lully) et des plus grands auteurs (Molière) rehaussent. Autant d'occasions de divertir la noblesse présente et de glorifier le propriétaire des lieux. Ce mécénat fait de Versailles le creuset du classicisme. Par certains aspects, Versailles se présente aussi comme le siège d'un « culte monarchique »11. S'y élabore une sorte de liturgie, avec ses grands moments (les levers du roi, les repas du roi, la visite des jardins, les couchers du roi…), ses fidèles (les grands seigneurs et les serviteurs) et ses règles (l'Étiquette).

    Versailles, nouvelle capitale du royaume

    Avec l'installation de Louis XIV en 1682, Versailles devient le siège du gouvernement même si plusieurs des grandes institutions de l'État restent à Paris. Le roi y dirige les affaires au sein de ses conseils et dans les entretiens avec ses ministres. En conséquence, la Cour s'installe aussi au château. Louis XIV rompt donc avec la tradition itinérante du roi de France et de son entourage qui allaient de château en château pour de plus ou moins longues étapes. L'enracinement du gouvernement n'est toutefois pas total puisqu'il arrive parfois à Louis XIV de fréquenter d'autres résidences (Fontainebleau par exemple).

    Tenant d'une centralisation, le roi aurait pu choisir Paris pour se fixer mais sa crainte des Parisiens l'orienta vers un autre choix. Il se souvenait sans doute que son grand-père Henri IV fut assassiné dans une rue de Paris et qu'en 1648, pendant la Fronde, le peuple avait érigé des barricades et envahi le Palais-Royal. Versailles était un lieu plus tranquille.

    La domestication de la noblesse

    En demandant à la noblesse de le rejoindre dans sa résidence, Louis XIV crée une nouvelle fonction pour le site versaillais : celle d'une prison dorée. En effet, les grands seigneurs comprenant que leur présence à la Cour est une condition indispensable pour bénéficier de la faveur royale répondent à l'invitation. Ils s'installent notamment dans les grandes ailes nord et sud construites par l'architecte Jules Hardouin-Mansart. Nourris, logés, divertis aux frais de la Couronne, les nobles perdent par la même occasion leur liberté. Le roi les a désormais sous les yeux et peut les transformer en dociles serviteurs par la distribution d'offices ou par la menace d'une disgrâce.

    La victoire de l’homme sur la nature

    Le château de Versailles est établi sur une terre plutôt inhospitalière. Le sol présente des dénivelés. Il est forestier et par endroit sableux ou marécageux. Louis XIV lance donc un défi à l'architecte Le Vau et au jardinier Le Nôtre quand il leur demande d'y édifier la plus belle résidence royale. Mais le souverain est convaincu que le génie humain peut domestiquer la nature. Le projet versaillais constitue donc un exemple d'aménagement du territoire. Il faut assécher le terrain, l'aplanir et même raser un village (Trianon). Au bout de plusieurs dizaines d'années, s'élève un palais majestueux où la symétrie et la ligne droite triomphent d'un terrain inégal et irrégulier.

    Louis XIV, l'homme et le roi Catalogue d'exposition (broché). Paru en 10/2009

     

    Source Wikipedia

     

    Recherche : ChâteauVersaillesManoirPalaisDemeureCastle


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  • Château de Saumur

    Château de Saumur


    Vue générale de l'édifice

    Présentation
    Période ou style Médiéval et Renaissance
    Type Forteresse
    Château de la Loire
    Début construction xe siècle
    Fin construction xvie siècle
    Propriétaire initial Thibaud, comte de Blois,
    Destination initiale Forteresse
    Propriétaire actuel État français
    Destination actuelle Musée
    Classement Inscrit monument historique
    Géographie
    Latitude
    Longitude
    47° 15′ 22″ Nord
    0° 04′ 21″ Ouest
    Pays France France
    Région historique Anjou
    Subdivision administrative Maine-et-Loire
    Subdivision administrative Pays-de-la-Loire
    Commune Saumur

    Le château de SaumurMaine-et-Loire, est bâti au confluent de la Loire et du Thouet, aux confins est de l'Anjou et à proximité de l'ouest de la Touraine1.

    Le château de Saumur fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862.

    Sommaire

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    Histoire du château [modifier]

    Le château de Saumur a connu ses premières fortifications sous Thibaud, comte de Blois, au xe siècle. En 1026, il devint propriété ducomte d'Anjou, le célèbre Foulques Nerra qui le légua à ses héritiers Plantagenêt.

    Philippe Augusteroi de France et capétien, l'annexa à la couronne.

    En 1227Saint Louis fait rehausser le fort devenu français puis, à partir de 1367Louis Ier d'Anjou, petit-fils de Philippe VI, fait remplacer les vieilles tours rondes par des tours octogonales2.

    Le roi René d'Anjou, « bon roi René », écrivain, homme cultivé et bâtisseur de forteresse (Tarascon) améliore sensiblement le confort de l'ensemble.

    Au xvie siècle, l'Italien Bartolomeo renforce les défenses du château. Précurseur, il fit construire autour du château médiéval des défenses basses, des fortins (bastions) et courtines suivant un plan en étoile étonnement moderne un siècle avant Vauban.

    Moins glorieux, le château devint prison sous Louis XIV et Napoléon.

    Au début du xxe siècle, la ville le rachète à l'État et le rénove progressivement.

    Le château a été immortalisé dans le manuscrit des Très Riches Heures du duc de Berry dans le folio du mois de septembre qui représente les vendanges au pied du château.

    Le 22 avril 2001, la partie ouest du rempart nord s'est effondrée et a endommagé une partie des habitations situées en contrebas. Il s'ensuivit un chantier de stabilisation du sous-sol et de reconstruction du rempart qui s'est achevé en 2007.

    Le Château de Saumur, façade sud
    Enluminure de Septembre dans Les Très Riches Heures du duc de Berry
  • Château de Montpoupon

    Château de Montpoupon

    Le château de Montpoupon
    Les cuisines du château de Montpoupon
    La chapelle du château de Montpoupon
    Musée de la Vénerie au château de Montpoupon

    Le Château de Montpoupon se situe en Indre-et-Loire, à l'Est de Tours, à 10km au sud de Montrichard sur la route de Loches, dans une fort belle vallée, au cœur d'une forêt. Il dépend de la commune de Céré-la-Ronde.

    Histoire [modifier]

    A l'époque carolingienne les Poppo, un clan germanique, choisi de s'établir sur le piton rocheux qui prend le nom de « Mons Poppo » qui est ensuite latinisé en « Mons Puppum » puis « Mont Pepon », et enfin Montpoupon.

    Au Moyen-âge, le château est une place forte hautement stratégique car il est à mi-chemin entre Loches (alors aux mains du terrible Foulques Nerra) et Montrichard (appartenant à son ennemi juré : Eudes, comte de Blois).

    A la fin du Moyen-âge (xive siècle) Montpoupon passe aux mains des seigneurs de Prie et de Buzançais qui le reconstruisent en 1460 car depuis la guerre de Cent Ans il avait été laissé à l’abandon : ils le transforment en une gracieuse demeure de style Renaissance et construisent en 1500 la poterne d'entrée.

    Grâce à Montpoupon les Prie peuvent résider au plus près de la Cour qui se déplacent à cette époque entre les différentes châteaux royaux de Touraine. Leur fidélité aux Valois leur permet d’accéder à de grandes charges : Grand Panetier, Grand Queux, Grand Maître des Arbalétriers.

    La famille se succède à Montpoupon jusqu'au milieu du xviie siècle puis se transmet par les femmes : Louise de Prie, duchesse de la Motte Houdancourt, sera gouvernante des Enfants de France et Louis XIV la tient en grande estime.

    Malheureusement à cette période les bâtiments se délabrent car ces dames préférant la Cour (maintenant à Versailles) viennent très peu en Touraine. En 1763 le château est vendu au Marquis de Tristan (il est alors maire d'Orléans) qui veux en faire une exploitation agricole. Finalement il est tombe amoureux du lieu et restaure le château, lui redonnant un peu de sa splendeur d'antan. La Révolution marque un coup d'arrêt à ses projets (heureusement seule la chapelle sera détruite).

    En 1840, monsieur de Farville, son nouveau propriétaire, fait construire les communs tels qu'ils existent aujourd'hui.

    En 1857 Jean-Baptiste de la Motte Saint Pierre, arrière grand père de l'actuelle propriétaire achète le château. La famille entreprend des travaux extérieurs (fin xixe siècle) et intérieur (1920) afin de lui redonner l'aspect renaissance qu'il présente aujourd'hui.

    Les communs du Château, ancien cœur de l’activité équestre et cynégétique de Montpoupon, abritent un musée sur le Cheval et la chasse (qui est un des trois musées français de lavénerie).

     

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Château_de_Montpoupon

  • Château de Boulémont

    Château de Boulémont

    Château de Boulémont

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    Vue générale de l'édifice

    Présentation
    Période ou style Classique
    Type Château
    Date de construction XVIIème, XIXème siècle
    Géographie
    Latitude
    Longitude
    Non renseigné
    (Chercher ce lieu)
     
    Pays France
    Commune {{{commune}}}
    Monument - Monuments par pays

    Le château de Boulémont se trouve sur le territoire de la commune d'Herbeville, dans le département français des Yvelines. Il se situe dans un lieu-dit du même nom, entre Herbeville et Crespières.

    Histoire [modifier]

    Jardins [modifier]

    Le château dans son parc

    Les vastes jardins de Boulémont comportent entre autres un potager, une serre, et d'autres monuments d'agréments comme un bassin ou une fontaine.

     

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Boul%C3%A9mont

  • Château de Chinon

    Château de Chinon

    Vue du château de Chinon de la rive gauche de la Vienne, avant la restauration de 2006-2009
    Vue du château de Chinon de la rive gauche de la Vienne, avant la restauration de 2006-2009

    Présentation
    Période ou style
    Type Château de la Loire
    Début construction xe siècle
    Propriétaire initial Thibaut Ier, Comte de Blois
    Destination initiale Forteresse
    Propriétaire actuel Conseil général d'Indre-et-Loire
    Destination actuelle Musée
    Classement Monument historique
    Site internet Consulter
    Géographie
    Latitude
    Longitude
    47° 10′ 05″ Nord
    0° 14′ 10″ Est
    Pays France France
    Région Touraine
    Subdivision administrative Indre-et-Loire
    Subdivision administrative Centre
    Commune Chinon
    ChâteauChâteau par pays
    Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Château-Chinon.

    Surplombant la Vienne, le château de Chinon fait partie des châteaux de la Loire ayant accueilli le roi de France. Il est construit sur d'anciennes fortifications romaines et se compose de trois parties construites au fur et à mesure des nécessités historiques.

    Sommaire

    [masquer]

    Architecture [modifier]

    Le château se compose de trois édifices se succédant d'ouest en est :

    Fort du Coudray [modifier]

    Le fort du Coudray, construit à l'Ouest. C'est la partie la plus ancienne du château, datant du xe siècle.

    Le donjon y fut bâti au xiiie siècle sous Philippe Auguste : il fait 25 mètres de hauteur pour 3 étages et 12 mètres de diamètre. De ce donjon partaient de nombreux souterrains. Au Nord, on peut observer les fondations de l'ancienne chapelle Saint Martin.

    Le fort abrite deux autres tours d'enceinte :

    • la « tour de Boisy », au Sud-Est, anciennement appelée tour du Beffroi. Cette tour rectangulaire, haute de 30 mètres, communiquait avec le donjon au niveau des étages supérieurs.
    • la « tour du Moulin », au Sud-Ouest, haute de 20 mètres est une des mieux fortifiées.

    Château du Milieu [modifier]

    Le château du Milieu, au centre comme son nom l'indique, était relié aux autres corps par des ponts-levis. Il abritait les logis royaux, construits entre le xiie siècle et le xve siècle, et dont ne subsiste plus que l'aile Sud. Au Nord se trouvait la chapelle Sainte Melaine, construite au xe siècle par les moines de l'abbaye de Bourgueil, et qui vit mourir Henri II d'Angleterre.

    On accède au château du Milieu par la « tour de l'Horloge », tour assez plate construite au xiiie siècle, avant d'être surélevée un siècle plus tard. Son nom provient de l'horloge très ancienne qu'elle abrite, qui date de 1399. Une cloche, « la Marie Javelle », y sonne toujours les heures. C'est la partie du château restée encore intacte.

    La courtine Nord est constituée de trois tours :

    • la « tour des Chiens », haute de 23 mètres. Elle servait de chenil pour les meutes royales, d'où son nom.
    • la « tour d'Argenton », construite à la fin du xve siècle par Philippe de Commynes, seigneur d'Argenton. Elle a servi de prison, et aurait abrité les célèbres cages de Louis XI1.
    • la « tour de l'Échauguette » permettait un contrôle des murailles Nord et Est du château.

    Fort Saint-Georges [modifier]

    Le fort Saint-Georges de nos jours

    Construit pour protéger le côté Est du donjon, le fort Saint-Georges est séparé du reste du château par un fossé. C'est la première des trois parties que le visiteur voit en entrant dans la citadelle. Il est aujourd'hui presque totalement détruit et est en ce moment l'objet de fouilles. Le nom provient du saint patron de l'Angleterresaint Georges.

    Histoire [modifier]

    Construction [modifier]

    Le site est un éperon surplombant la Vienne, et est de ce fait un point stratégique intéressant. On fait mention d'un camp romain dès le ve siècle. La construction de la forteresse commença au xe siècle. La région est alors contrôlée par Thibaut Ier, Comte de Blois.

    En 1044, l'Anjou, depuis longtemps en guerre contre la Touraine, prend la place forte au comte de Blois et les comtes d'Anjou deviennent alors les nouveaux propriétaires des lieux.

    Occupation anglaise [modifier]

    Henri II Plantagenêtcomte d'Anjou devient roi d'Angleterre en 1154. Il apporte sa contribution à l'agrandissement du château, en construisant notamment le fort Saint-Georges et la tour du Moulin. Il y meurt en 1189, alors qu'il était en guerre contre la France. Ses deux fils, Richard Cœur de Lion, et Jean sans Terre, apporteront également des fortifications supplémentaires au château.

    Philippe Auguste [modifier]

    Philippe Augusteroi de France, assiège Chinon à l'automne 1204. Après s'être emparé du fort Saint-Georges, il prend le château le 24 juin 1205. Il y fera édifier le donjon. Plusieurs rois de France y passeront ensuite.

    Philippe IV de France, dit Philippe le Bel s'en servit même comme prison pour enfermer les dirigeants de l'Ordre du Temple (et notamment le Grand Maître Jacques de Molay) avant leur jugement. On peut encore aujourd'hui retrouver des inscriptions sur les murs de la tour du Coudray, qui leur sont attribuées.

    Guerre de Cent Ans [modifier]

    Jeanne d'Arc à Chinon, tapisserie du château de Chinon
    Article détaillé : Guerre de Cent Ans.

    En 1427, une grande partie de la France est occupée par les Anglais lorsque Charles VII décide de s'installer à Chinon. Il y emménage avec sa cour. C'est là que Jeanne d'Arc viendra l'y trouver, venant de Lorraine avec une escorte de six hommes. Elle est reçue dans la salle du logis, somptueusement décorée pour l'impressionner. La grande salle est éclairée de 50 torches, 300 gentilshommes en riches costumes sont réunis et le roi se dissimule dans la foule, un courtisan ayant revêtu son habit.

    On raconte qu'elle le reconnut sans hésitation et qu'elle s'adressa à lui en ces termes:

    Gentil Dauphin, j'ai nom Jehanne la Pucelle : le Roi des Cieux vous mande par moi que vous serez sacré et couronné en la ville de Reims et vous serez le lieutenant du Roi des Cieux qui est le roi de la France. Après beaucoup de questions du roi, Jeanne reprit : « Je te dis de la part de Messire que tu es vrai héritier de France et fils du roi, et il m’envoie à toi pour te conduire à Reims afin que tu y reçoives ton couronnement et ton sacre, si tu en as la volonté. »23

    C'est à la suite de cet épisode que Jeanne d'Arc eut la confiance de Charles VII et fut nommée chef de guerre. Pendant son séjour au château, elle est logée dans la tour de Coudray, sans doute par superstition. C'est cette même qui servit autrefois à retenir prisonnier Jacques de Molay.

    Déclin et restauration [modifier]

    La cour du roi quitta le château en 1450. Notons cependant que Louis XII y revint en 1498 pour recevoir le légat du pape, César Borgia, venu lui porter la bulle de son divorce avec Jeanne de France.

    Par la suite, Richelieu en devient propriétaire en 1633, et le château restera dans sa famille jusqu'à la Révolution française. Mais il est mal entretenu et commence à tomber en ruines.

    Un premier essai de restauration fut lancé par Prosper Mérimée en 1854, qui fit consolider toute l'enceinte Sud.

    Devenu par la suite propriété du département, le château fit l'objet de plusieurs restaurations, dont la dernière fut lancée en 2006. Il est ouvert aux visiteurs, et la tour de l'Horloge abrite aujourd'hui un musée consacré à Jeanne d'Arc.